An Unexamined Life…

La monnaie du soleil

October11

 

Un moteur gris dans le brouillard
Me pousse au fond de nulle part entre les anges dans le soir

 

Enfin, pas tout à fait nulle part. C'est au fond que je suis arrivée. Je l'ai touché, goûté même. Est-ce que j'ai essayé de sortir tout de suite? Non. Parce que je voulais sentir mes pieds pris dans  la boue. Le froid, le mouillé entre mes orteils. J'ai ouvert mes bras, tendu les mains et passé mes doigts sur les paroies de mon puits. Humides, gluantes. Gratté avec mes ongles, pour m'assurer qu'ils seraient sales. Une trace.

Parce que j'en sors. Oh oui. C'est sec par endroit. C'est là que je met les pieds, en attendant que ça sèche plus haut. J'ai des fois le bruit de ma respiration dans les oreilles, et je me demande si c'est vraiment la mienne, si je respire encore, si c'est pas l'écho de la chute. Le fond descent, je monte, et pourtant je ne vois rien, ne sens rien, ne pense plus. Monter, monter, monter, c'est tout ce que je peux faire.

La sortie, le haut, tout en haut, c'est comme un aimant. Comme l'était le fond. Mais je sais, je sais, que c'est une illusion. Que l'attraction ne dépend pas de l'aimant. Ce n'est pas en haut ou en bas qu'il faut chercher. Chacun leur tour ils m'attireront. Et j'aimerai chaque moment passé en leur présence, tout en me disant que je dois partir, que je dois monter… ou descendre.

Entre les deux. Perchée, perdue, suspendue dans le vide du centre, du milieu. Ce n'est jamais un non-retour. Le fond est mou, maléable. On peut toujours creuser. Le haut est infini, ouvert sur le ciel toujours clair, toujours bleu. Et même quand il est gris il est beau. Il m'appelle pour le moment. Alors je monte, oui, c'est vrai, je monte. Sans bagage. J'ai tout laissé en bas. Je serai de retour bien assez vite.

Classement

October9

Bon, ok. Que le caissier du Cinéplex ne me laisse pas passer avec ma fille de bientôt 14 ans pour aller voir Jackass number 2, à la limite, je peux comprendre. Mais je dis bien, à la limite… Parce que franchement, y a rien dans ça qu'elle ne doit pas voir avant ses 18 ans. Et c'est pas comme si elle  n'avait pas vu les émissions et le premier film. Ok, on le louera c'est tout.

Samedi soir, je reviens à la charge, au Guzzo, pour Massacre à la tronçonneuse… Hey, y avait rien de bon à la télé et on s'emmerdait. 16 ans et plus… La fille me demande, elle a quel âge? Je dis, 16 ans. Elle me dit, vous avez une carte? Ahhhhh ciboire. Come ON! Du sang fake et des effets de caméras comme on en voit dans tous ces navets d'horreur des dernières années. Veux tu ben me dire… C'est ma fille, je suis responsable d'elle, tu vois ben! Non, si je ne vois pas de carte, elle n'entre pas.

C'est une bonne chose… On est allé voir The departed à la place. 13 ans et plus. C'est à n'y rien comprendre. Excellent film par contre. Même traduit.

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That simple

October8

Mundane certainly. So fucking ordinary it would tank at the box office, that stupid story. That thing. That big wad of gum stuck under my shoe. But in a linear situation, where facts cannot be more usual, lies complexities, astounding.

 

 I'm so tired, I haven't slept a wink
I'm so tired, my mind is on the blink
I wonder should I get up and fix myself a drink
No, no, no

 

Simplicity in words. When it just makes more sense to go for it than to weave and dance and

Leaving traces. I'm leaving traces but letting the path fading. I will not use it again.

I've weaved, I've danced. Justified and avoided. Until no more options were available. I bought all the extras, found all the easter eggs, played in God mode.

An end that dragged through my words, an end that survived this long because of them.

Pictures, drawings, songs… An idea, a life within a folder, a thousand paper weights on it. All for the sake of this one story.

It lived and now has died and within an instant it will be for ever erased. Within an instant I will destroy all the intricacies I've carefully laid on it. My bonds. My weights.

Life. Death. Creation. Destruction. Truth. Lies. Realities. Dreams. Nothing in between.

As I said. Simplicity. 

Yes, a cliché made it’s way

October6

 

 

 

Sometimes something happens… A turning point, as lame as it sounds. A turning point… A decisions made, or a word said, or a touch intended for yourself that ends up reaching further than expected.

I'd like to thank the Academy…

And sometimes you wear a smile that says pain is killing me inside.  Or a pained expression that says I really don't give a fuck. Either way, someone ends up seeing through, and what do you do?

With a gun barrel between your teeth, you speak only in vowels.

Whisper too. Yesssss, noooooo. That's as much as I'm willing to say, considering my mouth is filled. My throat closing. Gag on spit and shouts that will not make it past my tongue.

I couldn't cry, so once again I couldn't sleep.

Ah, but the past tense is effective. My eyes are heavy… My cheeks no longer dry. Sleep has found me, at last. Being awake is only half the fun.

 

 

La switch à off

October5

click click click click… y a rien qui sort de mes doigts… mes yeux ont tout vu… ma bouche a tout goûté… ma tête… ma tête… elle est en haut… en quelque part… elle cherche le noir… y est parti.

pour quelques heures. 

pour quelques…

ça s'en vient, je l'sens.

il revient. 

allumée… éteinte… mouillée… sèche… prise… prise… 

et dans le noir…

il y a mes yeux. 

teintes de gris en amont.

Phare

October4

Sans se perdre dans les mots. 

Mais qu'est-ce que cette histoire de début et de faim?

Mais quelle pluie m'a donné si soif?

Les sueurs dans un sourire sous les branches de mes cils. 

Et je pousse et je m'étend et j'envahis sa terre sans m'enraciner.

Parce que je flotte, parce que je vole quand même.

Mon ombre dessine en couleurs des lumières dans ses plus petits recoins.

Même dans le noir la beauté l'a rejoint. 

Le mouvement. Je move, et le brouillard d'hier m'allait si bien.

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