Sur les blocs
J’arrange et désarrange les mots et ils ne font pas plus de sens à l’endroit qu’à l’envers
Dans le regard des autres je ne suis qu’un reflet roux et un éclair dans les yeux
Qu’une grosse madame drôle avec un grand coeur
Béant qu’il est, avec des traces de pas à grandeur
J’arrange et désarrange les soupirs les sourires les martyrs
Dans le regard de l’autre qu’un accessoire pour oublier la profondeur de sa solitude
Qu’une écharde dans l’horizon des rêves indécrottables
Battue que je suis, pourtant sans une ecchymose
J’arrange le désordre qui m’a menée jusqu’ici
Je désarrange l’ordre maniaque de mes départs sans cesse remis
Qu’une pierre de plus à tenter de jetter en premier
Partie que je serai, avec mes cailloux dans les poches