Mainmise
Quand j'étais petite, mon monde c'était la musique, les pochettes de disques, les livres et les revues. Tout était à ma portée. Dans cette dernière catégorie, outre le Hara-Kiri (qui me terrifiait mais que je lisais tout de même de la première à la dernière page), le Mainmise est le magazine qui m'a le plus marquée.
Le premier souvenir que j'ai, le plus fort, je me vois, étendue par terre dans le salon chez G. où nous sommes en visite ma mère et moi, un tout petit salon les murs couverts de livres jusqu'à plafond. Jusqu'au plafond! La tête sur des coussins. Ça jase dans la cuisine… Le format est drôle, comme les J'aiLu (ils ont l'air plates les J'aiLu… pourtant tout le monde en a) Les pages sont épaisses, jaunes. Et je suis… déviergée? J'avais huit ans et j'en ai pris quatre d'une shot. Devenue ado le temps de lire 10 pages. C'était une bd de Crumb: Désirée Kaminski "La Droyée" dans J'crisse le camp!
J'ai vu ma vie dans ça. J'ai tout appris. Que prendre de la droille c'est l'fun, que les vieux pervers y en a partout (les mononcles aux mains longues, les chums affectueux et les caves qui se crossent dans leur char en te demandant c'est où la rue Fleury). Comment se passe un examen gynécologique et ça m'a aussi enlevé tout le brouillard qu'il restait dans ma tête entourant le sexe.
Je viens de relire le Best of Crumb (Les Comix de Mainmise) et les deux seuls numéros que j'ai. À la recherche d'info sur les auteurs et illustrateurs j'ai vu qu'il y a un site consacré à Mainmise! Malheureusement il n'est pas à jour et un seul numéro à été scanné et mis en ligne. Ça vaut quand même la peine d'aller jeter un coup d'oeil.
Classement
Bon, ok. Que le caissier du Cinéplex ne me laisse pas passer avec ma fille de bientôt 14 ans pour aller voir Jackass number 2, à la limite, je peux comprendre. Mais je dis bien, à la limite… Parce que franchement, y a rien dans ça qu'elle ne doit pas voir avant ses 18 ans. Et c'est pas comme si elle n'avait pas vu les émissions et le premier film. Ok, on le louera c'est tout.
Samedi soir, je reviens à la charge, au Guzzo, pour Massacre à la tronçonneuse… Hey, y avait rien de bon à la télé et on s'emmerdait. 16 ans et plus… La fille me demande, elle a quel âge? Je dis, 16 ans. Elle me dit, vous avez une carte? Ahhhhh ciboire. Come ON! Du sang fake et des effets de caméras comme on en voit dans tous ces navets d'horreur des dernières années. Veux tu ben me dire… C'est ma fille, je suis responsable d'elle, tu vois ben! Non, si je ne vois pas de carte, elle n'entre pas.
C'est une bonne chose… On est allé voir The departed à la place. 13 ans et plus. C'est à n'y rien comprendre. Excellent film par contre. Même traduit.
Prends-moi
Depuis dimanche matin que j'y pense. Que j'ai l'article* plié placé à côté de mon moniteur. Toute la journée des bribes me reviennent. Surtout celle là: "…Plus rien ne choque personne. À moins de se voir dans un miroir pour la première fois.". Oh. Ainsi donc ça arrive aux autres aussi…
Je relis l'article ce soir et les mots exacts qui m'ont tant touchée à la première lecture ne font plus le même effet. Pas que je sois déçue, seulement je cherche l'essence de ce que j'y ai lu et je ne le trouve pas. Alors telle est ma réalité des mots. Ils sont entrés dans ma tête, ont chanté un air que j'aime et sont sortis.
D'autres* m'ont prise à la gorge. J'ai dit oui tout haut après que mes yeux soient passés dessus encore et encore.
On prend les mots comme on prend le bus. Comme on prend une fessée. Comme on prend une brosse. Mais on ne sait pas toujours quoi faire avec.
Les mots dont je me souviens, je les ai pris, embrassés, suppliés, adulés. Détestés. Aimés. Cinq ans, six mois ou deux jours, ils sont toujours à se chicaner pour le center stage de ma mémoire.
Les mots que j'ai oublié, je les ai pris un court instant, le temps d'un souffle ou d'une saison. Et ils sont partis, sans fanfare, doucement, en laissant seulement une empreinte qui s'estompe lentement.
Mais ressentir l'emprise de mots. Les laisser me prendre, les laisser me porter, me punir, me saouler. Ne pas les placer ni les diriger, mais leur donner la clé. Leurs sons et leur cadence prendre mon coeur et mon esprit.
C'est une faim nourrie d'illusions mais aussi de vie. D'amour, de haine, de mélancolie, de folie, de détresse, d'orgasmes, de peur, de joie. Quand les mots me prennent, c'est là qu'ils me donnent le plus.
*Liens
Patrick Brisebois dans La Presse 17/09 pour son nouveau roman Catéchèse aux éditions Alto (que oui je m'empresse de me procurer!)
Burn baby burn
So, this is what my last burning session included. In no particular order.
Maiden: Flight of Icarus, Powerslave, Aces High, 2 Seconds to Midnight, Run to the Hills, Hallowed by Thy Name
Billie Holiday: Autumn in New York, Willow Weep
Billy Joel: Scenes from an Italian Restaurant, You may be Right
celtic Frost: Suicidal Winds, Circle of Tyrants
Doobie Brothers: What a fool Believes
ELO: Telephone Line, Strange Magic
Kansas: Carry on wayward Son
King Crimson: Epitaph, 21st Century Schizoid Man, In the court of the Crimson King
King Diamond: Welcome home
Marillion: Chelsea Monday, He knows you Know, Lavender
Megadeth: Darkest Hour, Last Rites/Loved to Death, Liar, Mary Jane, Mechanix, Peace Sells
Metallica: The Four Horsemen
Moody Blues: Tuesday Afternoon
Paul Simon: Slip Sidin’ Away, Still Crazy
Dio: Last in Line, We Rock, Rainbow in the Dark
Supertramp: Even in the quietest Moments, Fool’s overture, Lord is it mine, Rudy
Yes: Close to the Edge
I just went with the easy stuff, familiar sounds. I still have some ideas… You care to share yours?
Edit: some new additions, from right now…
Loudness: Crazy Nights
Scorpions: The Zoo, Bad boys running Wild
Jethro Tull: Locomotive Breath, Cross-Eyed Mary, Thick as a Brick, Aqualung
Celtic Frost: Visual Agression
Gentle Giant: In a glass House, Free Hand
Soft Machine: Octopus
Front 242: Headhunter, Quite Unusual
Marillion: Forgotten Sons
Guerre de tounes traumatisantes
Dans le coin gauche, écrapoutie dans sa chaise, prête à aller se coucher, mais soudainement prise d’un élan d’énergie face au défi proposé, swan_pr 35 ans maîtresse es jukebox ultra kétaine.
Dans le coin droit, perdu dans les méandres des tounes plates de son coloc, mais pensant pouvoir dammer le pion à son adversaire, Victor Vidoc 27 ans maître es mots fous à relents psychotroniques.
Permière attaque de Vic Vidoc, surprenant swan_pr à l’aveugle:
1.If you’re going to San Fransisco (on gambade tout nu avec des fleurs)
2.Toune mystère, Pista 11 (hahaha, kessé ça? Salsa techno!)
swan_pr fonce et donne un apperçu de la guerre à suivre:
1.Barry McGuire Eve of Destruction (une seule note d’harmonica… fwiiiii)
2.Chantal Pary On est fait pour vivre ensemble (oui monsieur)
Vic un peu décontenancé mais toujours debout:
1.Shawn Michaels Sexy Boy (le lutteur cibole)
2.Shakira Hips don’t lie (a compte pas elle)
3.Falco Amadeus (va falloir que tu fasse mieux que ça!)
4.Delpêche Pour un Flirt (au moins c’est pas Dick Rivers)
5.Kiss Kiss (whatever that is… smack smack)
La contre-attaque de swan_pr:
1.Eric Charden L’été sera chaud (c’est quoi ces intruments là?)
2.Paolo Noel et Nathalie Simard Je n’aurais jamais du partir (suit une confession déchirante)
3.Patrick Zabé Je bois de l’eau au lit (Vic pose le genoux au tapis)
4.Jean François Maurice Monaco 28 degrés à l’ombre (j’éteint ma cigaretteuh, en parlant)
5.Eric Charden Perdu a Montréal (la toune qui a déclenché la guerre, tristounette et joyeuse)
Vic ne s’en laisse pas imposer:
1.Stone et Eric Charden L’aventura (ri-di-cule)
2.Vivre en amour (ça c’est chien tout court)
3.Stone et Eric Charden Made in Normandie (des chèvres? des filles aux joues rouges?)
4.C’est ma vie (next, force toi un peu!!!)
5.Alizée Moi… Lolita (les filles, checkez la discographie de votre chum, on sait JAMAIS!)
Dernier round, meurtrier, swan_pr n’épargne rien:
1.Les Milady’s Monsieur Dupont (arkkkkkk, ouache, wtf)
2.Claude François Le téléphone pleure (maman est noyée dans son bain)
3.Marie King Ma petite Carole (tik a tik a tik a tik, tit galop)
4.Julie Daraiche et les frères Duguay Un verre sur la table (du blé d’inde sur la table de pik nik, et ta photo dans ma main)
5.Julie Daraiche Quand le soleil (on est dans le fond du baril là)
Closing arguments, Vic Vidoc tente un retour:
1.Michel Fugain Fais comme l’oiseau (OIZOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO)
2.Claude Barzotti Mais où est la musique (on s’en colisse tu)
3.Vanessa Paradis Joe le Taxi (vas y FOND vers l’amazone la tite maigre)
4.Claude Dubois Laisser l’été avoir 15 ans (15 ans plus tard toujours aussi plate)
5.Michel Fugain Une belle histoire (exactement, histoire)
Verdict: nul, grâce a L’aventura de Vic, mais avec avantage la vieille swan_pr pour l’ensemble de ses efforts.
À 3 heures de mat, les deux aspirants au titre se retirent dans leur coin respectif, en planifiant déjà le match revanche.
Le cosmos de Maurice
Ok, ça m’a pris près d’un mois. Ça décollait pas. Puis un moment donné, à la page 195:
Si le hasard existait, il n’aurait pas décidé de laisser agir ce qui, au plus profond de lui, ne savait même pas encore qu’il aspirait à être.
Et je suis assommée, finalement. Je suis abasourdie par ma surdité. Je viens de catcher. Et je suis complètement sous le charme de cette plume froide, noire, sexy, prétentieuse, exposée.
Je ne me précipiterai pas à la bibliothèque pour me taper ses 1022 autres bouquins. C’est assez pour l’instant. Mais je suis tout à fait conquise.
Ce qu’il a de plus frustrant dans ma bibli de banlieue, c’est les traductions. Thompson, Hammett, et tous mes mecs à cigarette et fédoras, traduits. C’est pénible et désagréable, sauf quelques rares exceptions. Alors j’écume les usagés de l’ouest.
Et après Dard, qui? Noir, noir, noir je veux du noir français maintenant, mais je n’en connais pas un.
Je veux un mâle en bras de chemise, le noeud de cravate à peine lâche, le col ferme, l’odeur de la nicotine et de l’after-shave dans ses cheveux, ses mains sèches, rugueuses, chaudes, étreignant mes épaules. Je lui fait face, mon nez effleure son cou mais avant que je puisse y mettre ma bouche, avant que je sente sa peau sur mes lèvres, il me repousse, fermement.
Et il me dit de sa voix basse et graffignée par la cigarette:
” Toi et moi, poupée, c’est une histoire impossible.”