Blast from the past I
I could hear him again soon. If I wanted to. Just turn that dial, and there he is. I just hope I won’t. Not even by accident. I’m not ready. I thought I was. I thought…
Here is one of my first posts, that is still on blogspot. One of many I will import back here soon. Originally, I wrote this as an introduction for a short story I never finished. And I opened my blog and I dug it out and adjusted it but not much. It was written three years before everything happened. It’s like I had a premonition. Like I knew. But it was never calculated.
Reading it today, it bothers me, I see holes and weaknesses all over it. But it’s heartfelt, and I’m posting it here without any changes:
It was, of course, the voice that made her swoon. The face she had known for a while. But once she heard him on the radio, the face somehow took the backseat and became a blur in her mind. The intelligence, the sexiness… Oh, how he turned her on.
And so she wrote him an email claiming her love, jokingly, in a way that she thought showed some wit. To said email he replied very briefly, even reluctantly, but she pushed on. And soon they were having conversations about their lives, turn-ons. Everything was moving so fast, she was caught in a whirlwind of being anxious about the next email, feeling elated after reading it and getting all hot and heavy replying.
And then he wanted to meet. And then she said no, and then she said yes. And then they had unbelievable sex. And then he said it was too much to bear. And then he disappeared. Blocked her email, said fuck you and went on his way. Well fuck you too buddy she thought, not really meaning it.
Ok, it was a stupid idea to start with anyways. You had it coming. He didn’t have to be an asshole about it though.
So on that very sad night she lit up the thousandth cigarette of the evening and contemplated the possibility of becoming a psychotic stalker.
But then, she realized, she was just too fucking lazy.
Life is taking over
More than ever I feel the languages clashing, coming together. It wasn’t anything I studied, worked on, planned. The words just flowed, and I was the vessel, I was telling.
The biggest this, biggest that. The darkest places, the harshest judgment. Entranced by the depths I had ignored. Immersed in the I feel moment.
This, now, should be the crest of the wave then. I hear. I see. I breath.
A shift in visuals
Watching American History X again. The kids are asleep, here for another week.
Spent the weekend loving, fighting, wondering, smiling, crying, fucking, eating. Confused. I’m torn, feeling melancholic without any memories yet. What is this life I’ve stepped into?
In strides. I had expectations of oneness. Did not expect synchronicity. Yet, in strides.
I had paths before. Now I have doors.
I’ve entered my future yet so many doors from my past remain open, it’s like a fucking windmill in here.
When emotions were overwhelming, words carried me, brought me here, words were air and blood. My mother’s words are now surrounding me, tearing through the boxes in which I tried to hide, burry, kill them. And I’m speechless at my lack of understanding.
We are not enemies, but friends. We must not be enemies. Though passion may have strained we must not break our bonds of affection. The mystic chords of memory will swell when again touched, as surely they will be by the better angels of our nature.
-Danny Vinyard
Dans le doute, et autres. Faut bien.
J’ai très peu de place pour me cacher de mon passé. Essentiellement contenu dans quelques boîtes empilées dans un garde-robe. En feuilletant un cahier appartenant à ma mère, une enveloppe tombe par terre. Une enveloppe que j’ai ouverte une fois. Et plus jamais après. Et ce soir. Je sais que toutes mes craintes viennent de là. Que tout ce que cette lettre contient est dans une certaine mesure vrai. La première fois que je l’ai lue, c’est le lendemain de sa mort.
Je ne sais pas si un jour je vais arriver à dealer complètement avec elle. Mais j’ai l’impression que le reste de ma vie dépend de ça. J’ai passé les deux dernières années de sa vie à m’occuper d’elle. Et avant qu’elle meure, j’avais l’impression de progresser, d’y arriver. De laisser le pardon faire son chemin, de laisser l’amour monter à la surface de cette mer agitée de rancoeur, de regrets. Puis la lettre. Ça fait six ans et demi. Et je suis toujours à la case départ. C’est pas le message d’adieu auquel je m’attendais.
Pascale, mon amour
J’ai toujours trouvé que je tenais peu de place dans ta vie, eh bien! Maintenant ce n’est plus le cas: tu as de la job pour un bout de temps. Une chance que L. est là pour t’aider (sans farce, il va t’aider hein?). J’ai fait mon possible pour faire toutes les démarches pour que tu saches où te diriger. Je crois que tout est bien. Sinon, que veux-tu, je n’ai jamais été parfaite tu le sais bien!
Mais ce que je veux te dire c’est que ces derniers mois qui nous ont rapprochés m’ont permis de te connaître mieux et de t’aimer davantage si cela est possible.
Pascale, j’ai raté ma vie. Tu as certainement ton opinion à ce sujet mais je suis allé chercher assez profondément pour savoir que je n’avais pas vraiment d’issue. J’ai tout raté sauf toi. Quand tu es née ça été le plus beau jour de ma vie. Je sais, c’est cliché, mais ce jour-là il m’a semblé que j’avais tout accompli, que j’avais fait ce que j’avais à faire. C’est peut-être vrai parce que je n’ai jamais rien accompli d’autre.
Sois certaine que je suis partie en paix. J’ai fait la paix avec mon passé et j’ai pardonné à moi-même et aux autres. J’étais prête car la vie pour moi n’avait plus aucun sens. Je me sentais comme un zombie. Et puis: vivre malade, ce n’est pas vivre.
Bien sûr il y a le regret de vous laisser derrière, toi et les enfants, mais on ne sait pas ce qui se passe après la mort physique, peut-être se retrouvera-t-on.
Enfin continue à être la femme que tu es: vive, solide, généreuse de toi-même, tu es quelqu’un à qui on peut faire confiance. Ne fais pas comme moi et ne laisse pas la vie gagner sur toi. Avance et défonce les portes s’il le faut.
Je t’aime. Ta maman.
Mojo et autres breuvages douteux
Bon… je pense que c’est ma première entrée (billet? whatever) que j’écris saoule. Nonnonnon…pas chaude! Saoule! Héhé. Y a Led Zep qui joue… Bring it on home to you… watch out watch out! Hum. Ok, avant que ça dégénère (ohhh c’est Groove Armada qui commence! mmmm I see you baby, shakin that aaaaass!) :
J’ai devant moi (ben, à côté, devant c’est le clavier) mon premier journal intime, que j’ai commencé à douze ans (douzans que j’allais écrire). Et mon deuxième, commencé à quinze ans. Et quelques pages écrites en 95. Aussi, j’ai relu mon journal de “free writing” pour mon cours de grammaire anglaise (j’allais à Concordia en traduction).
J’ai tout lu. Au complet. C’est vraiment quelque chose. Je réalise à quel point j’étais malheureuse et complexée à l’adolescence. Et surtout… Ce qui me fait presque honte, c’est… Je sais pas comment l’exprimer. Mais en dedans de moi, j’ai toujours eu cette intelligence naturelle, pourtant dans mon journal, surtout le premier, je m’exprime comme une analphabète. Sérieux. Non seulement j’y vais de moé, pis, fak, etc… Mais rien de ma suposée profondeur ne transparait. C’est très étrange. Et je parle d’un paquet de monde, des gars, des hommes, dont je n’ai qu’un vague souvenir. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre à quel point je cherchais mon père. J’étais en amour continuellement. Des amours impossibles évidemment… (mmm Stone Roses, Love Spreads)
En 86, il y a une entrée où je clame mon amour à quatre gars en même temps! (Dont un qui s’appelait Réal… Non, mais.).
Anyway. C’est une partie de moi que j’ai pas fini d’intégrer. J’ai l’impression de retourner en arrière pour mieux m’élancer en avant. Surtout en relisant les entrées du temps où j’ai rencontré L. Les premiers mois. Je lis ça, et j’ai pas l’impression d’avoir évolué émotivement pour une cenne… À seize, dix-sept ans, j’éprouvais les mêmes insatisfactions face à notre relation qu’il y un an… Ça aussi c’est pathétique. (Vider le gros sac de Ruffles alldressed itou… mais c’est tellement bon avec mon Mojo aux pommes…).
Le 26 juin 87: Wow! J’ai passé une semaine capotée. Mardi j’ai fait trois acides et j’ai revu Max! Sacrament que j’ai capoté. Le premier soir on était trop faites, ça pas marché ben ben. Mais mercredi ça été super. Je suis allée avec Max chez lui à Gatineau. J’ai appelé L. tantôt et il m’a dit qu’il se couchait et j’ai entendu une fille arriver chez lui. Il est juste un crisse de con. Je me le dis à chaque fois, mais j’y pense pas. Là va falloir que j’y pense plus. Pis quand il va m’appeller ou moi, je vais lui dire. Juste d’arrêter de me cacher des conneries, parce que sans ça, ça me fait chier. Je l’aime moins qu’avant mais le mal est un peu là. Je vais essayer de passer les trois prochaines semaines le + vite possible parce que Max s’en vient dans dans 3 semaines. J’ai hâte. Je l’aime moins fort que v’la deux ans mais c’est normal. En tout cas je suis bien avec lui. Il est doux et il me sert dans ses bras au moins…
Franchement… Ça m’a jeté à terre ça. Voyons donc ciboire. Où j’étais ces 20 dernières années?
And Muddy says I got my Mojo workin’… Fuckin A.
Ménage
J’étais perdue dans mes emails archivés. Hotmail, Yahoo, Gmail… Il y a des gens qui ramassent les bibelots, les vêtements, les cochonneries… Moi c’est les mails.
Il y a quelques mois j’en ai deleté un peu plus de 1200. De et à la même personne. En un an. Des fois 25 par jours, back and forth, enflamés, perdus. Des fois le silence, marqué par des trous dans les dates.
Je comprend maintenant, je sais aujourd’hui, je vois. Je sais. Il y avait beaucoup de moi dans cette folie. J’avais une rage d’être, un besoin guttural de tout déchiqueter mon linge et de me lancer nue dans la vie. J’ai pleuré, joui, crié, sacré en écrivant. Ses yeux ont bouffé mon corps sous tous ses angles. Il m’a suppliée, implorée, priée de lui montrer, alors que je n’existais plus depuis longtemps.
Un monstre d’égocentrisme, narcissique au bord de l’absurde. Je n’ai jamais eu envie de lui crier je t’aime pendant qu’il m’enfonçait son herpès sous silence heureusement habillée pour les occasions. Un monstre qui faisait du copié-collé à cinq ou six autres âmes confuses et en quête de gratification style fanclub.
Il y avait déjà plusieurs mois que tout se résumait en mots et images, nos corps ne s’étaient pas touchés depuis longtemps. L’appel était là quand même. J’ai l’image de quand j’ai essayé d’arrêter de fumer, et que j’ai passé deux jours à fouiller les cendriers pour des vieux butches. Et puis un jour sa belle l’a busté. Et moi. Et ses autres “projets” dont j’ignorais l’existence.
Comme je disais… Je sais. Fuck que je sais. C’était pas lui qui avait faim de moi. C’était moi qui avait faim de moi. C’était pas une passion envers ou pour. C’était pas lui. Ça jamais été lui. Il a fallu que je me rende au bout du mal, du désespoir, de l’addiction pour comprendre. Pour enfin ressentir quelque chose. Pour être en vie.
Ça fait six mois qu’il n’y a eu aucun contact. Six mois avant que je sois capable d’écrire à son sujet. À mon sujet. Lui ou un autre, it was bound to happen. Live and learn qu’ils disent.
J’ai plus envie de revisiter, plus envie de me faire rappeller. C’était pas sain tu comprend? C’est pas ça que tu veux de moi. Passion destructrice qui dans le fond n’a pas grand chose à voir avec l’objet de désir, mais plutôt avec la personne perdue dans son tourbillon. Peut-être te réveilles-tu de ton propre coma.