Category Archives: The well

Not even loose grasp

I can’t remember. Just can’t remember at all. I close my eyes and inhale deeply, hoping the scents will stir something inside. I’m thinking, did this really happen? Reaching far down for any remnants, lingerings or ghosts anything at all that could testify to

Of. Google isn’t helping either. How could I let go of something so big, so important, so significant? How could I erase full pages, paragraphs that made me shiver clenched my throat rocked my body?

How could I? Live thinking this was the way, this was it. Then it eased itself into an undistinguishable blot on my canvas. It’s a fucking mess again. Layers to be stripped, coats to be shed. I can’t even let go long enough to concentrate on thinking about it. It’s as fleeting as anything I’ve ever had the chance to hold.

Don’t want it back. I just wish it never left. Just wish I never let it go.

De par ma fenêtre

Si j’aimais les humains plus, j’aurais plus d’amies. Les gens passeraient devant ma fenêtre ce soir et nous entendraient rire fort parce qu’on s’est envoyé une couple de shooters de Goldschlager, rire fort en jouant à Rockband parce qu’on est cool. Et vers minuit on partirait aller boire dans un p’tit bar super cool, se faire draguer par des mecs vraiment cutes avec des coupes de cheveux et des lunettes cools, on les virerait de bord avec des phrases méprisantes, on se crierait dans les oreilles pour se dire des choses vraiment cools que seuls les amies proches et saoules se disent. On reviendrait chez nous finir le party, on prendrait des photos de nous dans des poses trop drôles pour mettre sur nos Facebook et montrer comment on a du fun et qu’on sait rire de nous-même.

Ma cocotte de 16 ans est en France, à Guérande, à se taper un trip d’échange culturel débile qui me coûte la peau des fesses. Mais c’est sans jamais douter une seconde que son père et moi avons donné notre accord. Juste, tsé, des beurrées de beurre de pinottes pendant un tit bout. Enfin, moi. Pas lui. Lui part avec notre fils pour Cuba demain.

Pendant que tout le monde se tape des cassoulets et des fucking mojitos, moi je bosse. Je roule à 100 à l’heure. Je frappe des murs, c’est inévitable. Des plus durs que ce à quoi je m’attendais. Je n’ai pas toujours la force, je ne prend pas toujours les bonnes décisions. Je ne sais pas toujours où j’m'en vas.

Je dois déménager le 1er juillet. Dormir dans le salon 2 semaines sur 4, j’en ai plein le cul. J’ai pas d’intimité, pas d’espace personnel. Le sofa lit n’est plus utilisable, je dois dormir direct sur le sofa, les jambes un peu pliées, et mon dos me rappelle à chaque matin que vraiment, il est temps de partir d’ici. Mais ça m’angoisse. Chercher, appeler, visiter, signer des papiers, tout ça me donne la nausée. Je dois prendre rendez-vous à la banque pour régler des trucs et ça m’angoisse aussi. Les responsabilités que j’avais si innocemment déléguées à mon ex semblent me péter dans la face une après l’autre, comme pour me narguer. Pour me dire que finalement, comme je l’ai toujours pensé, je suis une bonne à rien. Parle fort, joue fort, travaille fort, mais tout ça pour cacher mon inaptitude profonde à me conformer à la vie adulte responsable et droite que je devrais mener.

J’ai pas envie d’un sugar daddy, pas envie de remettre ma vie entre les mains d’un autre homme. Je veux juste plus avoir à dealer avec tout ça. Les comptes, les assurances, les obligations, le loyer, le souper, la vaisselle, le ménage, la marde 24 heures sur 24 sans fin. Me couche le soir brûlée, me lève aussi fatiguée que la veille pourquoi? Pour en faire une autre, exactement pareil. Et tout mon environnement me tire le jus, et des fois, j’ai juste envie de m’assoir et de regarder tout ça s’éffondrer, en rire, pis crisser mon camp.

Je ne suis pas spéciale, ni plus à plaindre qu’une autre. Mais que ce soit ça la vie, c’est ce qui m’écoeure le plus. De ne pas avoir d’alternative, de toujours DEVOIR. C’est pour eux que je fais ça, pour mes deux amours. Jamais je ne pourrais continuer si ce n’était pas pour eux. J’aimerais juste des fois un petit break. Le droit de disparaître, le droit de me reposer, le droit de m’appitoyer, le droit de ne pas devoir.

The well for dummies

C’est surement qu’on se dit que c’est mieux que rien. Qu’on vaut juste ça, et pas plus. Parce que dans des moments comme ça, on se dit, comment mesurer notre valeur autrement qu’avec le regard des autres? Le regard, les égards. Le respect qu’il faut gagner à chaque jour, sans quoi, arriver avec un déficit face au jour nous met devant une côte d’autant plus insurmontable qu’on n’était même pas supposé sortir de la maison cette journée là. La tête entre les mains, les papiers épars, la lumière du répondeur qui clignote, les courriels sans réponses, les courriels, les courriels, l

Et puis après trois Robax Platine plus rien nous importe. Ou le curieux mélange orange framboise rhum. La migraine du matin partie. L’air bête des 20 personnes à qui on a souri tenu la porte retenu l’ascenseur dit merci salutbonjourpardonexcusez-moidésolée

Invisible parce qu’ignorée, même pas juste ordinaire. C’est peut-être la mèche de cheveux blancs les 15 ans de plus les 30 livres de plus les rides de plus. Avec tous ces plus comment ne pas être assez? Comment autant d’amour ne pourrait pas soulager, réconforter, guérir, ressusciter? Comment tout ce qui sort de ces yeux, en direct des explosions atomiques enclenchées par le parfum de ta peau ne pourrait pas convaincre que tout est possible, tout est bien, tout est bon dans ce regard je voudrais y vivre et mourir et me faire aimer comme ça sans jamais que ça s’arrête c’est ça la vie éternelle.

Il y a un puits et on y puise sans cesse. Je n’ai pas peur qu’il se vide. J’ai peur qu’il n’y ait pas de fond.

Switch the night

Isn’t this what you wanted? Weren’t you on the path to grab the prize, the cup, the fucking Holy Grail of contentment?

To slowly swim through hazy mornings and bloom in the bright nights where freedom embraces selective memory.

Imbalance only lightened your step  as you covered your wavering with invisible music.

Oh but to get that rush back, when your hair stuck to the brick wall as everything disapeared but the light reflecting on your belt buckle, the light under which you got hooked to the fire lit by his fingers.

As the haze solidifies, as the nights darken, the music you realize was your own heart beating to a symphony of panic.

The path, as always, is there only to support your steps, never to guide them.

As you thread on I want you to remember. You can still dance, you can still catch fire.

I want to remember.

Un peu de ce que je pense

Pas tout… Mais qui a les mots? Moi j’en ai plus.

Une chronique de Robert Fisk


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