Sommaire, comme dans pas mal tout

C'est vraiment curieux ces jours-ci. Je ne me sens pas tout à fait perdue, mais pas tout à fait située non plus. J'ai aucune discipline quand vient le temps de faire des choses que pour moi.

Quand les enfants sont à la maison, j'embarque dans le mode "faut". Et c'est fait. Mais toute seule c'est différent. Je ne sais pas exactement qui je suis en ce moment. Je n'arrive pas vraiment à me concentrer sur rien pendant plus d'une heure, et encore.

Ce n'est pas vrai que d'être seule c'est d'être libre. Je crois que l'on peut être libre à deux. Je n'ai pas de repères. La tête me tourne souvent. Toute cette énergie, toutes ces pensées, ces émotions, dissipées. J'ai de la misère à cerner ce que je dois être maintenant. Me le faire mettre dans la face ça aide des fois. Mais est-ce que c'est moi encore qui se complique les choses? On me l'a assez dit "T'es compliquée" (en plus d'être "une drôle de fille").

Pourtant là là, en ce moment même, je me sens comme une moins que rien. Pas capable de rien faire sans en être obligée, ou par amour. Ma vie est en mouvement, ma vie est en vie quand j'aime. Mais deux semaines sur quatre y a juste moi ici. Je souffre du syndrome de l'imposteur jusqu'ici, dans mon écriture, que je trouve SOMMAIRE. Je n'arrive même plus à écrire ce que je pense, ce que je ressens comme du monde. Mes opinions me semblent superficielles, mes connaissances de base, ma culture naine.

Mais même en écrivant tout cela, y a quelque chose qui se passe dans ma tête. Je vois des murs, des murs qui bougent comme pour me dire "hey la grande, allume!", et c'est tellement vrai. C'est les miens. Je vais les peinturer jaune en attendant d'être capable de les mettre à terre. C'est un début.

***

La guitare avance pas vite, mais je joue presqu'à tous les soirs. J'ai essayé pendant plus de dix ans tsé. I know I suck, end of story (ah non, non, non! pas un barré!). C'est quand même frustrant pour quelqu'un qui a toujours été au moins moyennement bonne dans tout. Bon, je n'ai jamais entrepris le drum, je ne suis même pas capable de suivre un beat sur un tamtam. Pathétique. Fait que, je joue des tounes pour chanter, c'est le but, et c'est cool. Je suis fière de moi, d'avoir persévéré… Une grosse semaine et demi. So far so good!

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{chill pill #1}

Quoique je sois vraiment très très poche (et je ne dis pas ça pour me faire dire non, non, t’es bonne, arrête. je suis désespérément pas bonne point) j’ai décidé de reprendre ma guitare. Ben, la guitare. Dans une autre vie, j’avais une belle Ovation. Elle y est restée. Mais les soirées sont parfois un peu longues. Lire, surfer, écouter de la musique, c’est cool, mais une chose me semblait manquer.

En fait, je joue pour m’accompagner. Parce que ce que j’aime par dessus tout, c’est chanter. Bon. Alors j’ai sorti la petite classique qui traine dans le garde-robe depuis deux ans… Ça fait quatre soirs en ligne que je joue et ce soir je souffre officiellement. Bordel, ça fait donc ben mal! En plus le manche est beaucoup plus large sur une classique, donc les accords le moindrement compliqués me font sacrer et passer à une autre toune. Je suis beaucoup trop impatiente. C’est une épreuve en soi que de passer au travers une partition.

Je n’avais pas de souvenirs romantiques ou même particulièrement agréables de mon jeu. Mais la réalité est encore pire. C’est ridicule. J’ai aucun rythme. Kling, kling kling, kroïng (asti d’accord pas faisable), kling. C’est l’étendue de la chose. Ça me permet par contre de chanter dans le ton, de me guider dans les bouts plus complexes, et au final, m’amuser à faire quelque chose que j’aime.

Je vais aller au pawn shop du village en fin de semaine, essayer de me débarrasser de la petite Valencia pour une acoustique. Un set de corde. Une poignée de PLECTRES (merci à Véro pour la traduction!). Une couple de livres piqués chez l’ex. Fun fun fun.

Et si j’en ai le courage, je vais peut-être même essayer de me trouver un band de ptits vieux qui jouent dans leur garage la fin de semaine et qui se cherchent une vieille rockeuse pour faire des gigs devant l’établi et la tondeuse.

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Où s’qu’on réalise que se perdre c’est pas la fin du monde

À l'aéroport il y avait des trottoirs roulants. On se sent comme dans un film. On avance au même pas, mais beaucoup plus vite que les simples mortels déambulant de chaque côté de ces derniers. On file à toute allure, sans se sentir pressé. Mais le piège, c'est qu'on manque les restos et les toilettes. On passe tout droit. Alors une fois installé, on réalise qu'on a faim, qu'on a envie, mais faut refaire le chemin en sens inverse. On se dit que merde, on aurait dû prendre notre temps. On part faire nos trucs, et quand on revient au salon, quelqu'un a pris notre place.

***

Je marche très lentement. J'emprunte un chemin qui m'est parfaitement inconnu. Pas de balises, pas de règles, pas de signalisation. Tant d'années sur la même route à prendre les courbes les yeux fermés. J'ai affaire à les ouvrir grands pour ce voyage-là, peu importe le temps que ça dure. Pas question que je manque quoique ce soit.

"Life's a journey, not a destination" bla bla, ouin, ouin. Regarde, là c'est dans ma tête le trip. Perdre la carte, ça te dis de quoi? Moi en tout cas je comprends complètement ce que ça veut dire maintenant. Pis pour faire cute, pour continuer dans l'image, je te dirais que même si je la retrouvais, j'en voudrais pas. Je m'en dessine une flambant neuve.

***

Si les choses vont comme je le souhaite, il est fort probable que je me retrouve dans le coin de San Francisco pour deux semaines cet été. La baie, Berkeley, Death Valley, Yosemite, etc. J'ai une sorte de plan dans ma tête, mais je ne le couche pas tout de suite sur papier. Trop d'inconnus, trop de peut-êtres. Une seule certitude, ce sera moi pis mon linge.

In the mean time, I think I just need to chill the fuck out.

 

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it IS in the littlest of things

I think

That I am afraid to write

Sitting here, typing these very words, I stop at each one, pondering about them, and their meaning, too much. A billboard, nothing more, you said. And it pains me to agree, but what else can I say? It's true.

Our digital self intertwined with our soul, our most intimate information entered in searchable and sortable fields, I wonder how thinly I can stretch the truth so that it makes sense and still does not reveal too much.

Years ago, I would've typed my mind's torments away without a second thought. And now… I feel like I've given up. Given up the faith, the trust in myself. I forgot that no matter what, if there is one thing I am free to do it is to write, because I have locked away that sense of freedom very far away and lost the key.

I feel pain whenever I pick at the lock. And that is probably the most frightening of all.

But all is not lost. I'll keep picking. Bloody fingers, weeping mind… the sun still fucking shines babe.

I think

It's in the little things

I think that

I am just beginning to understand what being free means

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Pratiquement revenue

Mais y en reste un ptit bout là-bas. Ma maison pendant 7 jours. 12 pieds par 6 pieds. J'avais même des murs antibruit. 5 bouquins lus, un journal alimenté frénétiquement, un 26 onces de rhum vidé, pas une seule conversation de plus de 10 minutes en une semaine.

 

En revenant, des emails du comptable, des comptes à payer, des émotions à gérer. Mais heureusement, de l'énergie à revendre, et surtout des enfants et des amis à aimer.

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Sur ce…

Je vous laisse avec Shakey car lui m'accompagnera dans mes oreilles.

On m'a dit, rapporte un peu de sable et une petite pierre. Peu importe ce que je rapporterai, ce sera beaucoup moins que ce que je laisserai derrière.

 

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Interstices

Ce qui semblait éteint, perdu, disséminé au-delà de toute possibilité de récupération… est de retour

Lentement, mais parfois par à-coups fulgurants, j'émerge

(Sister Morphine joue, et je peux juste pas me tanner parce que c'est tellement)

Je lis plus que jamais. Je me saoule de musique

(turn my nightmare into dream)

Je pensais même pas recommencer à respirer, let alone sourire

(et puis y a ce gars du Texas génial Shakey Graves allez écouter ça c'est un ordre parce qu'il dit "watch out cause here I come")

L'urgence du voyage s'est curieusement estompée, mais pas le besoin

Je sais bien que je fuyais

(some of us were build to roam)

Je sais bien qu'à mon retour il y aura encore plus de musique et encore plus à lire encore plus à écrire à vivre

(shine on Georgia moon)

Après j'ai envie de voir le désert

Traverser des océans

Rêver que je ne rêve plus mais que ça arrive vraiment

 

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Trust me. I want what I want.

Puting the finger on what's wrong, what's right, what sould be and what shouldn't.

Symptoms are always easier to acknowledge than causes.

I will not be a chapter, I will not be a label.

I want what I want.

Trust me.

 

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Pense-(pas)bête

Lire une BD en écoutant du vieux Sabbath. Ne jamais, jamais se refuser ce plaisir.1

Lire Ile d'Aldous Huxley très très lentement pour le laisser rentrer et le savourer. Encore là, faudrait être fou pour ne pas le faire.2

Apporter comme lecture de vacance de tout et de rien. Maeve Binchy, moi, j'assume. Mais aussi Dawkins, une bio de H.S.T., des revues et journaux internationaux.

Se faire violence et accepter qu'aujourd'hui, TOUT est publique. Les ruptures aussi. Je laisse ce côté de la médaille s'étaler devant tout le monde sans y participer et m'offre le cadeau de fermer ma gueule et laisser le temps faire ce qu'il est supposé faire.

Être moi. (On me l'a dit, ça doit être vrai: "Tu dois être toi". Pas, "Sois toi-même" qui vraiment sonne comme un mauvais article dans le Clin d'oeil. Hahaha, un oxymoron en prime)

Rêver. Non, encore? C'est sur ma liste depuis trop longtemps ça. Je pense qu'à partir d'aujourd'hui, je lève le pied de la pédale à break. Fuck. Off.

1. je le note ici, au cas où j'oublierais

2. folle, n'ayons pas peur des mots

–//–

Je ne quantifierai pas. Je n'ai plus de douleur à identifier, décortiquer, analyser. Je l'ai eue, comme une maladie, paralysante, débilitante. J'ai laissé tout ça m'envahir, une grosse vague pleine de débris de vie. Bonheurs, espoirs, sourires, magie des matins, féérie des soirs. C'est ok, il n'y a pas QUE. Il y a TOUT. Et c'est tout à fait ok. Ce que demain apportera, ce que la vague révélera lorsqu'elle se retirera, c'est ok. Mais y a rien qui m'empêche en ce moment même de ne pas rester près du rivage. Rien qui m'empêche de m'aventurer, un peu plus chaque jour, dans les champs, où le sol est sec et ferme.

 

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Schism

C’est quand tu te mets à te demander si tu devrais écrire ça ici que c’est vraiment plus drôle.

It’s my fucking house. I’ll do and say as I damn please.

This is NOT about anything but ME.

However, anger will not get the best of me.

But bear in mind, honesty will keep on coming. Like it or not.

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Quelle heure déjà?

Les jours passent, tous pareils et pourtant si différents.

Je n’ai aucune sensation du temps qui passe. C’est ni long, ni court. Il n’existe tout simplement pas, autre que le jour et la nuit et les noms que l’on donne à chaque jour, selon le calendrier sur l’ordi, dans outlook, sur mon cell, la radio d’auto, les horloges du métro, l’écran dans l’ascenseur fuck! Partout, on y échappe pas. Tu pourrais te lever un jour et dire, dla marde, aujourd’hui le temps n’existe pas. Ha! Bonne chance!

Mais cette fois-ci, les données n’entrent pas, ne vont pas plus loin que ma rétine. Quel jour on est? Ché pas. Boulot, donc semaine. Lumière, donc jour. J’ai un décompte pour les vacances. Je regarde le nombre de jours restants avant mon départ et ils n’ont aucune signification. Loin? Proche? Ché pas. 17 jours.

Mon cadran imaginaire est plutôt comme suit:

 

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Détonateurs

Les journées passent très lentement. Je me sens parfois comme un fantôme, un souvenir. Ne plus exister en tant que partie d’un tout, il y a de la mort dans ça.

Les blessures qu’on laisse à l’air libre ne guérissent pas toujours. Parfois, y a l’infection qui s’installe. Je croyais qu’en les ignorant elles cicatriseraient. Ce fut mon erreur. J’ai attendu tant que j’ai pu. Mais ce n’est pas une excuse pour causer de la douleur en retour. Enfin, ça me fait aussi mal. Ce que j’ai subi et ce que je fais subir.

Les citations dont je ne connais pas l’origine, ells ont bien la valeur que l’on veut leur donner… Mais aujourd’hui j’en ai lu une sur Twitter qui m’a frappée fort.

Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire. -Gide

Ok, je la laisse ici, je dois réfléchir à ça.

Tout comme à ceci:

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Way over yonder

Way over yonder is a place that I know
Where I can find shelter from huger and cold
And the sweet tasting good life is easily found
Way over yonder – that’s where I’m bound
I know when I get there, the first thing I’ll see
Is the sun shining golden – shining rigth down on me
Then trouble’s gonna lose me – worry leave me behind
And I’ll stand up proudly in true peace of mind
Way over yonder is a place I have seen
In a garden of widsom from some long ago dream
May be tomorrow I’ll find my way
To the land where the honey runs in rivers each day
And the sweet tastinggood life is so easily found
Way over yonder – that’s where I’m bound
Way over yonder – that’s where I’m bound

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Lendemain de rosé pas buvable

J’ai bu finalement. Beaucoup. Enfin, ça dépend du monde. Pour ma part une bouteille et demie de rosé cheap c’est beaucoup. Assez pour me crisser sur le cul comme il faut. En compagnie de mon amie agente de voyage j’ai, pratiquement sur un coup de tête, booké une semaine dans le sud. Toute seule. Fuck off.

Je voulais aller aux Philippines, je voulais aller en France, je voulais aller en Irlande, je voulais aller en quelque part. Mais sur un micro-budget, avec une maigre semaine de congé possible comme ça à la dernière minute, une tête en décrépitude et un coeur qui peine à me tenir en vie, c’était ce qui me fallait.

J’ai toujours cette énorme pression sur la poitrine. Je monte les 20 marches vers mon appart avec difficulté. Je me sens vieille, brisée. Mais pas tout le temps. Y a des éclats, des espoirs brillants comme le soleil sur les petites vagues dans le fleuve tout près d’ici.

Il y a en moi un ramassis de colère, de peine, de tristesse, de frustration sur un fond de liberté, de révélation, de compréhension que la vie a le don de me faire chier solide, mais qu’habituellement je m’en tire pas mal. Je trouve quand même assez chiant d’être ainsi faite. Si j’étais plus fragile, est-ce qu’elle me câlisserait la paix?

Après le départ de ma copine, c’est ma proprio qui s’est pointée. Une bonne madame, gentille, rock ‘n’ roll sur les bords, humaine. On a jasé une heure. Ça m’a fait tellement de bien. Je me suis excusée tout plein de fois de ne parler que de moi, j’étais vraiment saoule.

Ainsi donc, trois semaines à travailler, et ensuite à moi le repos. Déjà depuis deux semaines je ne suis pas à mon meilleur au boulot. Absolument pas productive. Les enfants arrivent demain pour leurs deux semaines, ça va aider. On trip ensemble, le temps passe trop vite, toujours trop vite.

J’imagine que les tranches de vie seront de retour ici. J’ai la tête pleine de noeuds à défaire. On respire. Ça va aller.

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Cassée

C’est un drôle de printemps. J’ai beaucoup envie de boire. Mais ma santé s’étant détériorée ces derniers jours, je n’ose à peine prendre plus d’un verre de vin au repas. Et ça c’est quand je mange. Dans mon corps c’est la tempête. C’est le tsunami qu’a entrainé le séisme de dans ma tête et mon coeur. C’est tout de même curieux cette lumière persistante malgré la pluie dans mes yeux. Je n’y vois pas grand chose, mais je ne suis pas dans le noir, c’est déjà ça. Le sommeil se pointe occasionnellement, comme s’il s’était trompé d’adresse.

Quarante ans à vouloir être aimée. Quarante ans, sans répit, la tête baissée, la quête, la quête à tout prix. Parce que comment peut-on être, comment peut-on prétendre exister si on est pas aimée?

C’est mon lot faut croire que de causer de la peine et de la douleur. Ce que je combat à temps plein, ce que j’évite corps et âme. Mais me faire aimer, ça coûte cher. J’ai réalisé que je n’avais plus les moyens. Me voilà flat broke. Ouais, on pourrait dire ça.

Je suis désolée.

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