Then is so far behind

“I find it wholesome to be alone the greater part of the time. To be in company, even with the best, is soon wearisome and dissipating. I love to be alone. I never found the companion that was so companionable as solitude.” -HDT, Walden

 

“There was a little fuck you in my step, there was a little fuck you in my grin.

And it all made sad sense.

How weight can be worn in so many different ways.

Layers upon layers, the ground covered and still I walk, because that’s all I am built to do.

Fuck baby steps. I’m walking in strides.” -Me

 

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La route, les humains, le retour

Cedar Point, le Rock and Roll Hall of Fame, 2150 kilomètres, mon fils, de la musique. Jours heureux. En dedans, ça va pas toujours bien, mais y a de ces moments qui font tout oublier, qui font que je me lève à chaque matin, au cas où. Au cas où je pourrais en revivre des comme ça. Dans neuf dodos je serai sur le bus vers New York. Aucune misère à me lever pour les prochains jours je pense.

Je dépose ici deux textes publiés ailleurs, pour les pas sorteux ;)

***

Sur la route

 

On annonce des travaux et un détour. « Euh, attend minute, je suis supposée aller où moi-là? » Ça ne fait pas 100 km qu’on est au Québec, déjà je sacre et je me sens perdue. Sans compter que je tiens maintenant mon volant à deux mains de peur de perdre le contrôle à force de chevaucher les accotements suite aux déviations aléatoires et incompréhensibles qui se présentent depuis quelques minutes.

 

« Voyons, est-ce que je suis supposée sortir ici? Ah fuck, je pense que j’ai manqué la sortie du détour! » Oh, non, finalement, c’est juste 5 km plus loin, ok, fiou. Haha, pas si vite! On y va de sinueuses manœuvres afin de ne pas abîmer le pare-choc ou les ailes sur les rambardes de béton qui sont supposés me guider à bon port, c'est-à-dire dans le centre-ville de Dorion, évidemment. On rejoint enfin l’autre tronçon de la 20. Ça va pas si mal jusqu’à Lasalle, où les cônes oranges se font de la grosse compétition pour m’aider à sortir de ma voie et aller frapper une voiture dans l’autre. Mais on s’en sort sans heurts.

 

Déjà je ne remarque plus les trous, les craques, les cahots qui tous collés ensemble forment notre réseau routier. Depuis la sortie 14 mon volant vibre, mes essieux se lamentent. La normale quoi.

 

Ahhhh, enfin, on approche du Pont Champlain. Ça fait dix heures qu’on roule. J’en ai ma claque, mais je suis heureuse de rentrer à la maison, retrouver les minous, dormir dans mon lit. Je dis bien : on approche. Et c’est tout ce que l’on fera. Bien avant la sortie Atwater, c’est un stationnement rempli de totons agressifs(1) et de touristes perdus et désemparés qui nous accueille. Après consultation rapide on décide d’aller chercher Victoria, qui nous coûtera quelques kilomètres supplémentaires, mais qui nous permet de passer de l’illusion à la réalité et de rentrer enfin à la maison.

 

Ça ne s’explique tout simplement pas. Comment en est-on arrivés à un si gigantesque fiasco? Mais de quelle gestion le gouvernement parle-t-il? On nous a appris il y a quelques semaines que d’offrir des services publiques est un choix de société. Je n’ai absolument pas choisi que ces "services" soient offerts au détriment de la sécurité (et de la santé mentale) de la population sur les routes. Et vous, on vous a consulté? Sam Hammad nous rassure : « Toutes les routes qui sont ouvertes sont sécuritaires ». Ce dernier a d’ailleurs en main le rapport d’inspection de Mercier mais refuse de le rendre publique pour l’instant. À la vitesse où le réseau se détériore, prendre la route sera un risque qui coûtera si cher que les compagnies d’assurances ne couvriront plus rien. Déjà que plus personne n’est responsable des dommages causés par les nids de poules et autres déficiences de la voie publique…

 

J’ai roulé 2000 kilomètres sur des routes lisses, droites et dégagées. J’ai passé sur des chantiers si ordonnés qu’il était difficile de croire qu’il y avait des travailleurs sur place. On m’a avisée des miles à l’avance de déviations et de détours. On m’a même avisée de dos d’ânes minuscules (bump ahead). Pour 2000 kilomètres de routes parfaites, ça m’aura coûté au total 19,30$ en péage. Mais absolument rien en migraine, stress, agressivité, perte de patience, égarements dus à des détours, etc. C’est ce genre de choix de société que j’aimerais faire. Un genre où au lieu de croire que tout va bien (et que des tunnels s’écroulent mais que c’est normal) on n’attende pas que le Pont Champlain s’abîme dans le St-Laurent pour exiger que des comptes nous soient rendus.

 

(1).Oui, il y aura une suite… 

 

***

 

Sur les humains

 

C’est pas que j’aie envie de jouer au jeu des comparaisons. Et comme je le disais précédemment, j’avais quand même hâte de revenir à la maison (mon lit… ah, mon LIT!). Mais les humains ne me manquaient pas tant que ça, et je l’ai réalisé au moment où on est arrivés dans le trafic de la 20. Tout a basculé. Ou plutôt, tout est revenu à la normale.

 

Les panneaux vantant les vertus de la courtoisie au volant me font toujours rire. Paradoxalement, je trouve assez triste de devoir se faire rappeler de se comporter en humains par le gouvernement. Sur la route, dans le métro, dans le bus, partout, des messages où on nous incite à céder notre place, à recycler, à ne pas conduire de façon agressive. Que cela ne vienne pas naturellement m’échappe complètement. Et plusieurs fois par jour j’éprouve déception et frustration face à l’indifférence et l’égoïsme des gens qui m’entourent.

 

Tenir une porte, retenir un ascenseur, laisser sa place dans le métro, attendre son tour, être poli, sourire, dire merci, être conscient des gens qui nous entourent et respecter leur espace personnel, ça me semble des choses tout à fait normales, et pourtant…

 

Sur les centaines de kilomètres parcourus, je ne me suis pas fait tailgater une seule fois. Savez, cette fabuleuse habitude que vous avez de coller dans le cul de la voiture devant vous pour lui signifier gentiment que vous voulez passer? Ici, sur un parcours de 25 kilomètres pour me rendre au métro, ça m’arrive au moins 2-3 fois. Et vous savez aussi, cette super façon que vous avez de zigzaguer d’une voie à l’autre en fou dangereux pour gagner quelques minutes sur votre parcours? Pas vu ça non plus. Ah si, une fois. Sur la 81 vers la douane. C’était un québécois.

 

Ce qui nous a le plus étonné à Cedar Point, c’est le civisme des gens, leur politesse. Et le professionnalisme des employés. Pas de bousculades, pas d’enfants rois en crise affalés au centre de la place. Des gens respectueux, courtois, calmes. Des enfants, des ENFANTS! qui tiennent la barrière d’un manège ouverte pour les autres. La journée de notre visite le parc n’était pas à pleine capacité, mais l’achalandage était quand même impressionnant et malgré cela, dans tous les manèges, les employés étaient avenants et d’une efficacité redoutable. Dans les lignes d’attentes, pas un seul conflit, aucune impatience. Seulement des gens qui jasent calmement en attendant leur tour. Et malgré les milliers de personnes présentes cette journée-là, la propreté du parc était frappante. Faut dire que les clients des restaurants se ramassaient et que les poubelles étaient nombreuses et facilement accessibles.

 

La clientèle de Cedar Point est principalement composée de visiteurs de l’Ohio, du Michigan, de la Pennsylvanie et de l’Indiana. J’ignore si c’est régional, mais l’impression qui me restera de ce voyage, c’est que la courtoisie et le civisme est en voie d’extinction au Québec. La chaleur humaine de Denise, notre hôte, et aussi des étrangers croisés tout au long de notre voyage me manque. Je me sentais plus chez moi là-bas qu’ici. Peut-être que finalement, être chez-soi a plus à voir avec les valeurs et les qualités des humains qui nous entourent qu’avec une simple situation géographique.

 

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Parlant de rêve… Lors de l'annonce, j'ai hésité un quart de seconde. et puis je me suis dit fuck it. Let's go. Je le veux? Je le fais. Je n'ai jamais dépensé autant pour un spectacle, mais j'ai quarante ans et quand aurai-je la chance de voir un Beatle dans ma vie? Fait que… Oui, je suis allée voir Paul McCartney et c'était parfait, magique. Une bombe de bonheur a explosé dans mon coeur, j'ai ri, dansé, pleuré, oh tellement pleuré. Toute seule au bout de ma rangée, un gros sourire épais dans la face, j'ai gueulé Let me roll it, 1985, I've got a feeling, et à la fin oh my god Golden slumbers, Carry that weight, The end, j'ai braillé en chantant encore et encore. Les détracteurs, je les plains. Ils ne connaitront jamais cette extase, héhé! Tu vas pas voir McCartney pour ses nouvelles tounes, tu y vas pour le voyage dans le temps. Et sincèrement, c'est de toute beauté de voir la générosité de ce gars-là sur la scène. Il le sait ce que les gens veulent entendre. Il nous le donne, pendant trois heures et demie, avec le sourire.

***

Inspirée par Christian, qui dit au sujet de son fils: "Best damn thing I ever made in my life.", je réalise que tous les rêves que je me permets de vivre présentement, c'est grâce à l'amour qui m’entoure. Les mots et les gestes que cela provoque en l'humain, c'est un peu ça le sel de la vie non? Je disais à une amie que de regarder ma fille entrer dans l’âge adulte est la chose la plus émouvante qu’il m’ait été donné de voir. Plus mes enfants avancent dans la vie, plus je comprends ce qu’elle a à offrir. Je ne veux plus m’attarder à ce que je n’ai pas compris, à ce que j’aurais dû comprendre. Je veux profiter de la maturité qui semble enfin se pointer le nez chez moi. Je ne savoure pas ma solitude, je ne la vis pas. Je vis, point. Et certains jours ça a plus de sens que je ne l’aurais jamais cru possible.

 

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Des plans de vacances pour mettre de la lumière

Après un gros mois (deux?) assez noir, les coups de pieds au cul commencent enfin à porter fruit. Pendant tout ce temps où j'étais perdue dans ma tête à me morfondre, gratter les gales et pleurnicher j'ai tout de même pris le temps de penser à mes vacances.

Donc, première étape, le Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland, suivi du parc Cedar Point à Sandusky. Deux endroits que je rêve de visiter depuis longtemps. Cedar Point, c'est là où on retrouve le Top Thrill Dragster…

Donc, petit voyage de quatre jours avec fiston dans la région. J'y ai loué une petite maison de… rêve!

Ensuite, un peu de boulot, et encore un peu de vacances. Au départ je voulais aller à San Francisco, mais la vie étant ce qu'elle est, ce n'est juste pas possible pour cette fois. Qu'à cela ne tienne, ce sera New York! Oh, oui, Manhattan à moi toute seule pour une belle grosse semaine. Toutes les fois où j'y suis allée, c'était avec des gens pour qui c'était leur première visite. Cette fois, ce sera pour moi ce voyage.

Pour l'hébergement, j'ai beaucoup hésité. J'ai failli louer un studio dans l'upper (très upper, presque harlem) east side. Mais moi, j'aime l'East Village et tant qu'à me payer un trip New Yorkais, j'ai décidé d'y aller à fond. Donc pour la deuxième fois j'irai au Carlton Arms. C'est vraiment pas cher, pour les intéressés. 500$ pour une semaine, pour une chambre simple avec salle de bain partagée. Mais la beauté du Carlton Arms, c'est que c'est une gallerie d'art perpétuelle. Chaque chambre est une oeuvre d'art, créée par des artistes d'à travers le monde. Je vous invite à visiter le site de la gallerie pour comprendre et apprécier.

J'aimerais bien pouvoir choisir ma chambre, mais c'est pas possible. Tu arrives, ils te donnent 2-3 clés, et ils te disent, va visiter et choisi ta chambre. Ce qui est tout aussi cool. J'espère secrètement avoir celle-ci:

Alors c'est ça, c'est les plans. Dans moins de deux semaines Clevland, et dans un mois exactement je serai dans le bus pour ma ville d'adoption. J'ai hâte.

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Ce n’est pas une aporie

 

La beauté m’épuise. Je suis exténuée de ces combats intérieurs, des tempêtes qu’elle déclenche, des douleurs qu’elle provoque. Et le reflet dans mon esprit qu’elle salope dès que je mets le pied dehors.

 

Les corps, les visages, les cheveux, tous après moi, tous à me rappeler qu’ils ne m’appartiennent pas. Et je marche en regardant par terre, me demandant combien de temps vais-je tenir. Combien de pas jusqu’à la station de métro, combien d’arrêts avant le mien, ok, j’arrive à la maison. J’ai le souffle court. Je me précipite dans la salle de bain et ferme la porte pour me regarder dans la glace accrochée derrière.

 

Rien. Tout est pareil comme ce matin. Mais comment est-ce possible alors que j’avais l’impression d’être une monstruosité il n’y a pas dix minutes?

 

***

 

À 9h30, dernier coup d’oeil au miroir avant le départ vers le boulot. Tout me semble correct. Il y a même certains matins où je me risque une pose, un sourire. Me semble que c’est pas mal du tout.

 

10h, arrivée au 15ième étage tout est fini. Évaporé. Je tiens bon, quelques relents de la confiance que j’avais il y a encore quelques minutes s’accrochant à mon esprit. Par le temps que l’heure du lunch arrive, j’ai engraissé de 50 livres, j’ai des boutons gros comme des cerises, mes cheveux me donnent l’impression que j’ai une balle de foin sur la tête et mes vêtements me vont aussi bien que si c’étaient des guenilles ramassées dans le fond d’une ruelle un lendemain de parade de la St-Patrick.

 

18h, je quitte le bureau, arrêt à la salle de bain, j’évite même pas le miroir. J’y vois exactement ce que j’ai imaginé toute la journée.

 

***

 

J’évite les bars, j’évite les sorties, les restos. Les regards surtout. Et quand j’arrive à sortir, à parler aux autres, c’est au prix d’un effort qui est difficile à décrire tant il m’est exigeant. La bière aidant, dans une soirée je peux m’amuser ferme, jaser, rire, avoir l’air tout à fait normale par contre.

 

J’ai oublié le regard des hommes sur moi depuis longtemps. J’ai abandonné l’idée même de l’existence de celui-ci, m’évitant ainsi une épaisseur supplémentaire de déception. L’acceptation qu’il n’y est pas, qu’il n’a pas lieu d’être, est plus supportable que l’illusion et l’espoir et l’attente.

 

On a beau s’accrocher à des vérités que l’on sait vraies, pures, nobles, saines, quand même, il y aura toujours cette partie d’être une femme qui me manque. Parce qu’elle a déjà existé. Mais les années, la vie, les déceptions, les absences, et ma folie parfois, l’ont anéanti. Au cours de cette vie, quand l’amour semblait vouloir se tirer, j’aurai cru que c’était à cause de mon corps, mon visage, mes cheveux. Et j’aurai tenté, sans succès, de faire mieux, d’être plus ceci, ou plus cela. Toujours plus, sans jamais réaliser à quel point j’endommageais ma propre identité à force d’essayer d’être tout sauf moi.

 

Et maintenant qu’il n’y a que moi, que je n’ai plus à faire semblant, il me reste quoi?

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La minute suivante

Après la précise…

J’aime aimer. J’aime pas pas aimer. J’ai de la misère parfois à m’habituer, à me faire à l’idée que non, right now, c’est pas comme ça. Faut surtout que je me rappelle que c’est pas comme ça parce qu’il le faut. Parce que ce qu’il restait de moi aurait disparu dans pas long.

D’un jour à l’autre ça change, je change. Je sens les bases solides quand même. Ça ne tangue plus, je pose les pieds et ça tient.

C’est un étrange mélange de bonheur intérieur et d’insécurité devant l’inconnu. De mélancolie et d’anticipation. D’un instant à l’autre je ne sais pas ce qui va me frapper. Une odeur, un air, un sourire, un livre. Je sais pas, I. don’t fucking. know.

C’est pas vrai. I know. I know too well. Je mets la machine en marche et c’est parti. J’ai donc jeté la clé. Ou perdu. The point is, y en a plus de clé. Plus de machine. Juste moi avec moi. C’est tough. Je ne m’aime pas toujours.

***

J’écoute Janis, comme trop souvent je suppose. On aurait peut-être été soeurs, ou meilleures amies dans une autre vie. Il y a deux millions de vues pour cette vidéo, et je crois bien que la moitié sont de moi.

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Black Dog

C'est-tu possible que ça commence à avoir du sens tout ça? Je sais pas là, je suppose, j'hypothétise. Mais j'aime bien ce moment précis dans le temps. Précis à la minute. Des sourires et de bons moments entre amis, de la musique pour les maux. De la musique tout court. Chanter fort Black Dog avec son fils à la guitare qui te dit, enwèille, BLOW les… et qui dit yeah! les yeux fermés en arrachant les accords avec tellement de passion.

I gotta roll, can't stand still, got a flame in my heart, can't get my fill.

 

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Blast from the past: À Bizoune…

Publié aujourd'hui parce que tous les jours ça devrait être la fête des pères. Publié aujourd'hui parce que c'est toujours vrai, toujours la même réalité. Publié la  la première fois le 11 décembre 2006.

 

À Bizoune… 

En vieillissant, y a plein de choses auxquelles on pense. Y a plein de choses qu'on a pas pensé. Y a plein de choses qu'on se reproche. Y a plein de choses qu'on voudrait changer. Mais…

Y a une chose que je ne voudrais pas changer, et ça,

C'est TOI.

Je t'aime xxx 

J'ai refermé la carte avec un gros motton.

-Moi aussi je t'aime fort papa.

Et je l'ai embrassé. Mon papa. Mon papa d'amour, que j'ai tellement détesté de ne pas être là, d'être ailleurs tout le temps quand j'avais le plus besoin de lui. Sur le party, en prison, avec sa femme et son fils. Mon papa qui savait juste pas comment me le dire. Qui savait juste pas comment être papa. 

Mon papa qui me donne cinquante piasses en cadeau, alors que mon salaire fait le double du sien et de sa femme. Alors qu'il pense à vendre son petit restaurant parce qu'il ne fait plus d'argent. Alors qu'il doit nous emprunter un peu de sous, parce que la loi anti-tabac les a frappés de plein fouet et que le chiffre d'affaire a baissé de pas loin de 35%. Mais de le refuser ce cinquante piasses, ce serait pire que tout.

Alors j'ai pris les sous, j'ai pris la carte, j'ai pris mon papa dans mes bras et je l'ai embrassé. Et pour la deuxième fois de ma vie adulte, je lui ai dit à haute voix que je l'aime. La première fois, j'étais assise dans le fumoir des soins palliatifs à Notre-Dame. Ma mère venait tout juste de mourrir. Dix, quinze minutes pas plus. J'ai pris le téléphone, signalé, il a répondu. J'ai dit "C'est fini papa." Il s'est mis à pleurer doucement, un ou deux sanglots, pour la femme qu'il aimé pendant six ans, qu'il a failli tuer avec ses mots, avant qu'on ne se sauve elle et moi. Elle l'a toujours aimé, jusqu'à sa mort. Et je pense qu'il le savait. Il a prit un grand respire, et il a réussi à articuler "Au moins elle ne souffre plus." "Je dois y aller papa, y a le médecin qui m'appelle. Je t'aime papa." Et j'ai raccroché.

Et puis je réalise, je sens, je sais, qu'il sera toujours là, que lorsque je partirai d'ici, ce sera dans ses bras que j'irai pleurer. 

On a passé assez d'années à valser entre amour et orgueuil. Les masques ont pris le bord ce soir.

 

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trois lignes

de faire des vagues. ne pas arrêter de faire des vagues. 

de toucher les gens. ne pas oublier qu'il m'arrive de toucher les gens avec mes vagues. 

encore faut-il se rappeler quand c'est notre tour de jouer le rôle de la mer.

 

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Où s’que je ne lâche pas le morceau et que ça énerve le monde

Je pourrais y aller d’un grand jet de vomi avec plein de motons dedans. Tout mélanger, politique, société, culture, économie… Mais je vais plutôt m’en tenir à ce que je connais le mieux : mes émotions.

Depuis quelques mois j’ai pris l’habitude de stationner près du métro Charlevoix pour me rendre au boulot, à la station McGill. Bon. En premier lieu, selon certains, je suis une humaine horrible, une terroriste environnementale, une tueuse de bébés grenouilles ou je ne sais quoi, parce que j’ai juste pas envie de payer 130$ par mois pour un service de transport en commun déficient et restrictif. Mais à la base, c’est parce que j’habite en banlieue que je suis si ignoble. Ok, c’est une autre histoire, dans laquelle je ne m’embarquerai pas. Mais je suis chez nous après tout, et fallait que ça sorte.

DONC. Je prends le métro pour quelques arrêts, matin et soir, cinq jours semaine. Dans le métro depuis quelques années il se passe quelque chose d’assez ahurissant. La distribution de quotidiens gratuits. Premièrement, entendons-nous, ces « journaux » sont absolument MERDIQUES. Ok? C’est rien, de l’air, de la pub, de la marde point. Mais pour une raison que j’ignore, des milliers de personnes s’en prennent un exemplaire en rentrant dans le métro, sans aucun doute intimidés par les camelots agressifs postés aux entrées (hum).

Ces milliers de personnes descendent les escaliers, attendent sur le quai en « lisant » le journal. Oups, le métro arrive, mais j’ai fini ma lecture… Oh well. Et on laisse le quotidien sur le banc. Ou encore, on embarque dans le wagon, et on fait la même chose une fois arrivé à sa station. Bravo. Bra-VO!

C’est pas grand-chose pensez-vous. Juste un ptit journal… Sauf que vous êtes des centaines à vous dire la même chose. Sauf qu’il y en a des centaines qui jonchent le sol, sur les quais et dans les wagons. C’est presque poétique de voir ça virevolter dans les airs à l’arrivée du train.

Je ne veux pas faire la morale, c’est pas ça l’idée. Ce qui me fâche le plus, c’est cette foutue tendance à chialer, à dénoncer, à se prononcer sur tout et sur rien, à s’indigner pour les nids-de-poules, les pistes cyclables en mauvais état, etc. Mais c’est tout! Du vent tout ça! Je n’ai jamais vu personne faire l’effort de ramasser un journal par terre pour le déposer dans un bac, jamais vu personne ramasser une cochonnerie pour la mettre dans la poubelle à quelques centimètres de là.

Pointer du doigt n’est pas synonyme de responsabiliser. Dénoncer n’est pas synonyme d’engagement.

C’est un seul exemple. Je souligne cet état de fait parce que ça m’écœure profondément de voir Montréal se détériorer au son des récriminations et des accusations, alors que très peu de gens font un véritable effort pour changer les choses. Live, en direct, se pencher et ramasser UN journal. Sortir sur le trottoir et ramasser UN papier.

Ce qui est encore plus désolant, triste mais pourtant pas étonnant pour une seconde, c’est que tout ce que j’écris ici passera dans le beurre. Je n’ai pas la bonne méthode, la bonne pédagogie. C’est agressant se faire mettre le nez dans son caca, je comprends.

Alors vous m’excuserez si le ton ne vous convient pas. Si les mots ne sont pas les bons. Et ça doit être le cas, parce que sur 790 personnes qui me suivent sur Twitter, 2, oui, DEUX, ont cliqué sur le lien vers les photos que j’ai prises dans le métro.

En fait, non, je sais bien que vous en avez rien à faire. Dépêchez-vous d’aller signer la prochaine pétition en ligne, de retweeter le prochain cri d’indignation face à la publicité sur les bixis. De toute évidence, je fais un plat de pas grand-chose.

 

 

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Sommaire, comme dans pas mal tout

C'est vraiment curieux ces jours-ci. Je ne me sens pas tout à fait perdue, mais pas tout à fait située non plus. J'ai aucune discipline quand vient le temps de faire des choses que pour moi.

Quand les enfants sont à la maison, j'embarque dans le mode "faut". Et c'est fait. Mais toute seule c'est différent. Je ne sais pas exactement qui je suis en ce moment. Je n'arrive pas vraiment à me concentrer sur rien pendant plus d'une heure, et encore.

Ce n'est pas vrai que d'être seule c'est d'être libre. Je crois que l'on peut être libre à deux. Je n'ai pas de repères. La tête me tourne souvent. Toute cette énergie, toutes ces pensées, ces émotions, dissipées. J'ai de la misère à cerner ce que je dois être maintenant. Me le faire mettre dans la face ça aide des fois. Mais est-ce que c'est moi encore qui se complique les choses? On me l'a assez dit "T'es compliquée" (en plus d'être "une drôle de fille").

Pourtant là là, en ce moment même, je me sens comme une moins que rien. Pas capable de rien faire sans en être obligée, ou par amour. Ma vie est en mouvement, ma vie est en vie quand j'aime. Mais deux semaines sur quatre y a juste moi ici. Je souffre du syndrome de l'imposteur jusqu'ici, dans mon écriture, que je trouve SOMMAIRE. Je n'arrive même plus à écrire ce que je pense, ce que je ressens comme du monde. Mes opinions me semblent superficielles, mes connaissances de base, ma culture naine.

Mais même en écrivant tout cela, y a quelque chose qui se passe dans ma tête. Je vois des murs, des murs qui bougent comme pour me dire "hey la grande, allume!", et c'est tellement vrai. C'est les miens. Je vais les peinturer jaune en attendant d'être capable de les mettre à terre. C'est un début.

***

La guitare avance pas vite, mais je joue presqu'à tous les soirs. J'ai essayé pendant plus de dix ans tsé. I know I suck, end of story (ah non, non, non! pas un barré!). C'est quand même frustrant pour quelqu'un qui a toujours été au moins moyennement bonne dans tout. Bon, je n'ai jamais entrepris le drum, je ne suis même pas capable de suivre un beat sur un tamtam. Pathétique. Fait que, je joue des tounes pour chanter, c'est le but, et c'est cool. Je suis fière de moi, d'avoir persévéré… Une grosse semaine et demi. So far so good!

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{chill pill #1}

Quoique je sois vraiment très très poche (et je ne dis pas ça pour me faire dire non, non, t’es bonne, arrête. je suis désespérément pas bonne point) j’ai décidé de reprendre ma guitare. Ben, la guitare. Dans une autre vie, j’avais une belle Ovation. Elle y est restée. Mais les soirées sont parfois un peu longues. Lire, surfer, écouter de la musique, c’est cool, mais une chose me semblait manquer.

En fait, je joue pour m’accompagner. Parce que ce que j’aime par dessus tout, c’est chanter. Bon. Alors j’ai sorti la petite classique qui traine dans le garde-robe depuis deux ans… Ça fait quatre soirs en ligne que je joue et ce soir je souffre officiellement. Bordel, ça fait donc ben mal! En plus le manche est beaucoup plus large sur une classique, donc les accords le moindrement compliqués me font sacrer et passer à une autre toune. Je suis beaucoup trop impatiente. C’est une épreuve en soi que de passer au travers une partition.

Je n’avais pas de souvenirs romantiques ou même particulièrement agréables de mon jeu. Mais la réalité est encore pire. C’est ridicule. J’ai aucun rythme. Kling, kling kling, kroïng (asti d’accord pas faisable), kling. C’est l’étendue de la chose. Ça me permet par contre de chanter dans le ton, de me guider dans les bouts plus complexes, et au final, m’amuser à faire quelque chose que j’aime.

Je vais aller au pawn shop du village en fin de semaine, essayer de me débarrasser de la petite Valencia pour une acoustique. Un set de corde. Une poignée de PLECTRES (merci à Véro pour la traduction!). Une couple de livres piqués chez l’ex. Fun fun fun.

Et si j’en ai le courage, je vais peut-être même essayer de me trouver un band de ptits vieux qui jouent dans leur garage la fin de semaine et qui se cherchent une vieille rockeuse pour faire des gigs devant l’établi et la tondeuse.

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Où s’qu’on réalise que se perdre c’est pas la fin du monde

À l'aéroport il y avait des trottoirs roulants. On se sent comme dans un film. On avance au même pas, mais beaucoup plus vite que les simples mortels déambulant de chaque côté de ces derniers. On file à toute allure, sans se sentir pressé. Mais le piège, c'est qu'on manque les restos et les toilettes. On passe tout droit. Alors une fois installé, on réalise qu'on a faim, qu'on a envie, mais faut refaire le chemin en sens inverse. On se dit que merde, on aurait dû prendre notre temps. On part faire nos trucs, et quand on revient au salon, quelqu'un a pris notre place.

***

Je marche très lentement. J'emprunte un chemin qui m'est parfaitement inconnu. Pas de balises, pas de règles, pas de signalisation. Tant d'années sur la même route à prendre les courbes les yeux fermés. J'ai affaire à les ouvrir grands pour ce voyage-là, peu importe le temps que ça dure. Pas question que je manque quoique ce soit.

"Life's a journey, not a destination" bla bla, ouin, ouin. Regarde, là c'est dans ma tête le trip. Perdre la carte, ça te dis de quoi? Moi en tout cas je comprends complètement ce que ça veut dire maintenant. Pis pour faire cute, pour continuer dans l'image, je te dirais que même si je la retrouvais, j'en voudrais pas. Je m'en dessine une flambant neuve.

***

Si les choses vont comme je le souhaite, il est fort probable que je me retrouve dans le coin de San Francisco pour deux semaines cet été. La baie, Berkeley, Death Valley, Yosemite, etc. J'ai une sorte de plan dans ma tête, mais je ne le couche pas tout de suite sur papier. Trop d'inconnus, trop de peut-êtres. Une seule certitude, ce sera moi pis mon linge.

In the mean time, I think I just need to chill the fuck out.

 

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it IS in the littlest of things

I think

That I am afraid to write

Sitting here, typing these very words, I stop at each one, pondering about them, and their meaning, too much. A billboard, nothing more, you said. And it pains me to agree, but what else can I say? It's true.

Our digital self intertwined with our soul, our most intimate information entered in searchable and sortable fields, I wonder how thinly I can stretch the truth so that it makes sense and still does not reveal too much.

Years ago, I would've typed my mind's torments away without a second thought. And now… I feel like I've given up. Given up the faith, the trust in myself. I forgot that no matter what, if there is one thing I am free to do it is to write, because I have locked away that sense of freedom very far away and lost the key.

I feel pain whenever I pick at the lock. And that is probably the most frightening of all.

But all is not lost. I'll keep picking. Bloody fingers, weeping mind… the sun still fucking shines babe.

I think

It's in the little things

I think that

I am just beginning to understand what being free means

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Pratiquement revenue

Mais y en reste un ptit bout là-bas. Ma maison pendant 7 jours. 12 pieds par 6 pieds. J'avais même des murs antibruit. 5 bouquins lus, un journal alimenté frénétiquement, un 26 onces de rhum vidé, pas une seule conversation de plus de 10 minutes en une semaine.

 

En revenant, des emails du comptable, des comptes à payer, des émotions à gérer. Mais heureusement, de l'énergie à revendre, et surtout des enfants et des amis à aimer.

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