• Mais j’y crois

    Plein de choses à dire, plein d’excuses pour ne pas le faire  

  • Le sous-sol

  • Le grenier

Rosée en chair et en os

Si c’est pas magique! Si c’est pas beau! Comme si c’était assez, comme si chaque seconde se scindait et pesait le même poids dans la balance. J’ai pourtant appris que les heures, les jours, les semaines, ça peut venir tout dans un pain. Un gros moton d’étoiles ou de nuages. Mais les gouttes elles, ahhh, les gouttes! Une seule porte la couleur du jour, les reflets de la nuit et le poids du temps qui la fait s’accélérer.

Le temps. En manquer, en avoir trop, ne pas le voir passer, le regarder s’étirer. Ça goûte quelque chose de différent chaque fois. Et je bois, je bois toujours, je m’abreuve des quelques gouttes tombées, salées par le jour, par la nuit. Tant que j’aurai soif. Et puis un jour je laisserai les gouttes m’échapper, se coller ensemble et filer dans leur lit. Tsé, des fois, t’as juste plus envie de boire.

J’oublie toujours. À chaque fois je réalise que j’ai déjà oublié comment c’était facile et comment ce ne l’est plus.

Le plus difficile a accepter c’est sans doute la résignation. Le plus dur a prendre c’est sans doute l’appréhension du malaise qui à coup sûr me paralyse du moment que je mets le pied en lieu connu.

Faire des plans

Promenade entre deux pavillons

On oublie peut-être les espoirs et les rêves qui ont fait s’ériger ces édifices. Le cynisme presqu’obligatoire qui nous anime et qui module maintenant nos réflexions et opinions nous ont fait perdre de vue ce qui est beau et puissant dans ces institutions souvent vues, pas nécessairement à tord, comme des bureaucraties hébergeant fonctionnaires et party animals expérimentés.

Le discours débilitant, le mépris envers l’intellectuel et le savoir acquis, pourriture des idées sous l’ingérence de la classe politique et surtout des entreprises qui commanditent ce fabuleux nouveau pavillon Machin Truc Inc. La condescendance un art qui se transmet d’un dirigeant à l’autre, qu’ils s’empressent de nous servir sous des discours prônant les valeurs familiales et l’entrepreneurship québécois.

Pourtant comment peut-on vraiment être blasés devant l’influence que l’université a déjà eue sur les sociétés et les mouvements politiques passés. Depuis ma visite à Concordia, j’avais déjà ressenti cette beauté, les relents des efforts, les échos du savoir transmis et le flot des réflexions poussées, ici sur un banc, seul, là dans l’agora, entre amis. Le monde est toujours à refaire, à réinventer. Et c’est ce qui fut.

Aucune envie de dérision, aucun second degré en regardant les étudiants déambuler. Je me dis que la beauté de leurs idéaux doit l’emporter sur nos propres préjugés d’adultes trop pris par la vie pour encore apprécier cette innocence. Comment cette noirceur des idées envers toute institution de savoir nous a-t-elle été inculquée?

Et pour en mettre un peu plus épais sur la vitre salie qui bloque notre vision, l’envie de la vie télévisée, advertisée, dorée, photoshoppée… On a beau se dire résistants, on a tous un iPad sur notre wishlist.

J’aimerais entretenir ces sentiments qui m’envahissent mais le ménage, le lavage, le loyer, tsé? Y a pas de verdure dans ce quotidien, pas d’agora pour les élaborer, pas de classe pour les construire, pas de professeur pour alimenter ce qui pourtant ne dort pas en moi. Une sieste, tout au plus.

Le cardio sans effort

À ne pas refaire: être trop paresseuse pour fermer la télé et subir Bons Baisers de France. Tabarnak que c’est NUL ce show-là.

J’ai une impression de déjà vu ouais. Stress de déménagement! Oui oui, après trois ans à dormir sur le divan à temps partiel (2 semaines sur 4) je déménage enfin dans un 5 et demi, donc, j’ai une CHAMBRE!

Cue Virginia Woolf. Oh well. Elle est toute petite, mais immense. Je me suis offert un set de salle à manger antique, le genre de meubles que tu gardes toute une vie, et qui porte ses propres cicatrices.

Comme les 25 000 choses que j’ai entreprises et terminées au cours de ma vie, je passerai au travers. Mais dans l’immédiat, tout ce qui me passe par la tête c’est: impending doom. J’ai rêvé l’autre soir que mon ancien boss me volait l’appart, sachant très bien que je n’avais nulle part à aller. Il avait offert full cash au proprio et il me regardait de la galerie avec son sourire de gros sale que j’ai toujours détesté.

Je ferai de cet endroit mon chez-moi, encore une fois. Nous y serons bien, nous y serons heureux. À temps partiel.

Ma grande fini son secondaire dans quelques jours… Good god. Je capote presque plus qu’elle.

Et quand la poussière retombera il y aura le Mille Sabords qui m’attend au quai. Ainsi que son capitaine.

J’ai hâte d’apprécier plutôt que de subir les vagues.

(à) peine perdue

Une destination voyage à éviter: l’ile Diego Garcia. Dont j’ai appris l’existence grâce à cette entrevue avec Noam Chomsky, suite à son “aventure” aux frontières d’Israël.

Le sang a coulé à Bangkok. Il coule toujours un peu partout.

BP et Barack qui nous bourrent. La vie qui meurt. La terre qui ne sera plus jamais la même à partir de maintenant.

Elle est d’ailleurs un ti peu en crisse et nous recrache un peu de sa rage en plein ciel dans le Nord.

On a perdu de vue nos frère de la perle des Antilles. Non. On a fermé les yeux sur nos frères.

Pendant qu’on se chicane et qu’on se pointe du doigt pour des 500$ partis dans les mauvaises poches, pour des contrats qui en plus de payer ces fantastiques steaks à La Queue de Cheval pour certains, mettent un peu de beurre sur la table des tout petits hommes bien loin en dessous de tout ça.

Pendant qu’on vit un mauvais flashback et qu’un illuminé prône la mort d’une femme au profit d’un orphelin pas encore né.

Pendant que ceux qui roulent à deux roues se font tuer parce qu’ils restent pas dans leur voie.

Pendant que ma vie s’accroche à la rambarde du dernier wagon et tente tant bien que mal de tenir bon.

On s’égare… Des perdus qui s’égarent c’est inquiétant.