Des images pâles

Je ne revisite plus depuis un bon moment. Le passé était déjà dépassé. Comment on vit dans l'avenir, dans demain, quand on a encore les deux pieds dans le noir et blanc? Ça commence sépia, je sais, mais ça change tellement vite.

Et comment ne pas me sentir comme une parfaite fucking looser d'avoir tenté de remettre des couleurs dans tout ça? Décapage d'images. 

Je suis dans mon char, 120, les pages de l'album flippent devant mes yeux, les palmiers, l'empire state, la chatte, les yeux, oh fuck, tous ces yeux… Je me souviens, un peu, d'une autre année… Les larmes qui font fondre mon mascara ne sont pas les mêmes. Je ris, c'est mouillé et je jette ma smoke par la fenêtre en négociant la courbe avec le genoux.

C'est marqué. Clairement. MAX 60.

C'est une autre intersection comme les autres. Mais là je tourne, sans flasher, je tourne. Fuck it. Et en regardant dans le rétro, je vois le feu pris dans le décor. Le rideau aussi flambe. Ou c'est peut-être le film qui joue au ciné-parc que je viens de dépasser. C'était sur une autre photo, une chevelle verte avec les bancs en cuirette blanche. Il y avait des trous dans la cuirette je les comptais,  enterrons les cris. Je me voyais toujours mélancolique, même en rock star. Et maintenant que j'ai le volant… Je met the buzz.

Je ne revisite plus depuis un bon moment. Assaillie axphyxiée une lobotomie sur le coeur plus de souvenirs, mais qu'est-ce que c'était? Une impression cheap sur un tshirt à cent piasses. Ça m'écoeure délavé élimé une impression, c'est ce que je disais. 

 

6 thoughts on “Des images pâles”

  1. Jack says:

    J’étais assis derrière. Je faisais semblant de ronfler comme un fantôme. Ce n’est pas moi qui ai mis le feu, je le jure. Ce n’est pas non plus ton mégot allumé. C’est le réchauffement de l’air peut-être? Je regardais droit devant filer l’essentiel. J’haïs ça m’assoir derrière. Tu bifurques plus vite que tu le dis. On ne sait plus sur quelle fesse danser. Je débarque ici on the road again. Je courre m’installer de l’autre bord du chemin pour que tu me ramasses sur le pouce. Je ne serai pas tanant! Je ne pue pas. Je veux m’asseoir en avant pour regarder de profil tes yeux avec un peu de maskara qui fuit.

  2. swan_pr says:

    Jack, tu es déjà à bord. et le bienvenu. on met Coltrane?

  3. Harry Steed says:

    J’enrage!!! Trois fois que je reviens relire ce texte et je n’ai pas le climat exigé pour faire le commentaire que je sens à portée de plume. Alors je voulais le copier et coller pour le relire et poser les mots qui se déclenchent. Mais!!! A peut pas copier. Alors j’enrage.

    Harry Steed

  4. Jack says:

    OK. Mais pas Love Supreme. Choisis, toi. My Favorites Things peut-être?

  5. swan_pr says:

    nah. Chasin the Trane, Live at the Village Vangard

  6. Jack says:

    Eil. Je me suis endormi! Chasin? Envoye encore. Au plancher. Pas le gaz! Le CD. Regarde : dans mes poches, ça adonne de même, j’ai un powème pour aller avec. Je trébuche en anglais, fais pas attention… Cest de Aeron Duchan (Jackmagazine), un gars de Detroye :

    Chasing the ‘Trane
    note bent note
    blue green red 1/2
    1/4 1/8 tones
    saxophone soaring
    now grasping
    squawking
    a lone cry
    reverberating through the pyramids of Egypt
    ancient Nubia
    New Orleans & New York
    echoes of great & unknown rivers
    flowing through hard be-bob scales
    junkie cool stale smoke
    cold coffee in paper cups &
    12 hours of practise every day
    you lived that sax John or
    rather it lived you
    shook you
    changed you
    you became Saint John
    patron saint of the beyond hip
    of the beyond time
    encompassing & teasing us all
    cacophonous poly-rhythms surging
    breaking & reforming
    Elvin
    like a 7 armed Shiva
    tempting you to embrace the divine
    I loved you John
    though we never met
    you
    a proud Black man
    from North Carolina
    by way of Philly and New York
    me
    a freaky Jewish kid
    from Detroit
    that mother of all factory towns
    I played “A Love Supreme”
    on my cheap record player (mono, not even stereo!)
    & dreamed dreams of Venus
    baseball
    novas exploding
    & cheap paperback solutions
    to the problems of man

    … Surtout, arrête pas de rouler. R’garde comme il fait beau!

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