Je ne revisite plus depuis un bon moment. Le passé était déjà dépassé. Comment on vit dans l'avenir, dans demain, quand on a encore les deux pieds dans le noir et blanc? Ça commence sépia, je sais, mais ça change tellement vite.
Et comment ne pas me sentir comme une parfaite fucking looser d'avoir tenté de remettre des couleurs dans tout ça? Décapage d'images.
Je suis dans mon char, 120, les pages de l'album flippent devant mes yeux, les palmiers, l'empire state, la chatte, les yeux, oh fuck, tous ces yeux… Je me souviens, un peu, d'une autre année… Les larmes qui font fondre mon mascara ne sont pas les mêmes. Je ris, c'est mouillé et je jette ma smoke par la fenêtre en négociant la courbe avec le genoux.
C'est marqué. Clairement. MAX 60.
C'est une autre intersection comme les autres. Mais là je tourne, sans flasher, je tourne. Fuck it. Et en regardant dans le rétro, je vois le feu pris dans le décor. Le rideau aussi flambe. Ou c'est peut-être le film qui joue au ciné-parc que je viens de dépasser. C'était sur une autre photo, une chevelle verte avec les bancs en cuirette blanche. Il y avait des trous dans la cuirette je les comptais, enterrons les cris. Je me voyais toujours mélancolique, même en rock star. Et maintenant que j'ai le volant… Je met the buzz.
Je ne revisite plus depuis un bon moment. Assaillie axphyxiée une lobotomie sur le coeur plus de souvenirs, mais qu'est-ce que c'était? Une impression cheap sur un tshirt à cent piasses. Ça m'écoeure délavé élimé une impression, c'est ce que je disais.
J’étais assis derrière. Je faisais semblant de ronfler comme un fantôme. Ce n’est pas moi qui ai mis le feu, je le jure. Ce n’est pas non plus ton mégot allumé. C’est le réchauffement de l’air peut-être? Je regardais droit devant filer l’essentiel. J’haïs ça m’assoir derrière. Tu bifurques plus vite que tu le dis. On ne sait plus sur quelle fesse danser. Je débarque ici on the road again. Je courre m’installer de l’autre bord du chemin pour que tu me ramasses sur le pouce. Je ne serai pas tanant! Je ne pue pas. Je veux m’asseoir en avant pour regarder de profil tes yeux avec un peu de maskara qui fuit.
Jack, tu es déjà à bord. et le bienvenu. on met Coltrane?
J’enrage!!! Trois fois que je reviens relire ce texte et je n’ai pas le climat exigé pour faire le commentaire que je sens à portée de plume. Alors je voulais le copier et coller pour le relire et poser les mots qui se déclenchent. Mais!!! A peut pas copier. Alors j’enrage.
Harry Steed
OK. Mais pas Love Supreme. Choisis, toi. My Favorites Things peut-être?
nah. Chasin the Trane, Live at the Village Vangard
Eil. Je me suis endormi! Chasin? Envoye encore. Au plancher. Pas le gaz! Le CD. Regarde : dans mes poches, ça adonne de même, j’ai un powème pour aller avec. Je trébuche en anglais, fais pas attention… Cest de Aeron Duchan (Jackmagazine), un gars de Detroye :
Chasing the ‘Trane
note bent note
blue green red 1/2
1/4 1/8 tones
saxophone soaring
now grasping
squawking
a lone cry
reverberating through the pyramids of Egypt
ancient Nubia
New Orleans & New York
echoes of great & unknown rivers
flowing through hard be-bob scales
junkie cool stale smoke
cold coffee in paper cups &
12 hours of practise every day
you lived that sax John or
rather it lived you
shook you
changed you
you became Saint John
patron saint of the beyond hip
of the beyond time
encompassing & teasing us all
cacophonous poly-rhythms surging
breaking & reforming
Elvin
like a 7 armed Shiva
tempting you to embrace the divine
I loved you John
though we never met
you
a proud Black man
from North Carolina
by way of Philly and New York
me
a freaky Jewish kid
from Detroit
that mother of all factory towns
I played “A Love Supreme”
on my cheap record player (mono, not even stereo!)
& dreamed dreams of Venus
baseball
novas exploding
& cheap paperback solutions
to the problems of man
… Surtout, arrête pas de rouler. R’garde comme il fait beau!