Publier
J’aurais aimé que mes mots te transpercent, te crèvent, t’arrachent les yeux. Te renversent, te démembrent. Hacksaw. Une pluie de sang coulant des bouts de doigts ayant voulu effleurer les phrases insupportables.
J’aurais voulu. Autant de pouvoir que la voix de Wells, panique all around. Des mots comme des clous, comme des balles. Chaque ligne coupant à la source les envies d’ordinaire.
Et qui est-ce qui se couche avec l’intention de l’écrire ce grand roman? Mais surtout, avec la conviction qu’il en est capable? Désespoirs derrière les touches, nous sommes tous prisonniers de nos ambitions.
J’ai envie d’armes de destruction jouissive, de mon clavier vers le points G de ton imagination. Et d’abreuver le tout des insultes les plus basses pour mieux te prendre par derrière, une poignée de cheveux sales entre mes doigts, je te tape la tête sur le mur au rythme de mes verbes.
Et les soupirs lourds de contentement, pendant que t’essuie le tout, le coeur prêt à sauter. Ce sera le plus beau sommeil. La tranche marquée de fines lignes d’usure. Les pages maculée de plaisir. Traces de nuits solitaires.
Mes mots comme douleur, comme remède. Mes mots comme amour, comme mort. À grand coup, à tout coup.
Sur les blocs
J’arrange et désarrange les mots et ils ne font pas plus de sens à l’endroit qu’à l’envers
Dans le regard des autres je ne suis qu’un reflet roux et un éclair dans les yeux
Qu’une grosse madame drôle avec un grand coeur
Béant qu’il est, avec des traces de pas à grandeur
J’arrange et désarrange les soupirs les sourires les martyrs
Dans le regard de l’autre qu’un accessoire pour oublier la profondeur de sa solitude
Qu’une écharde dans l’horizon des rêves indécrottables
Battue que je suis, pourtant sans une ecchymose
J’arrange le désordre qui m’a menée jusqu’ici
Je désarrange l’ordre maniaque de mes départs sans cesse remis
Qu’une pierre de plus à tenter de jetter en premier
Partie que je serai, avec mes cailloux dans les poches
bACk.cmd
Ok en code en ctrl+x en ctrl+v en components… Make sure, make sure they’re writable.
Trois jours moins quelques heures, la dernière marche seul, la dernière ride seule.
Et oui la valse des emails des downloads des nudges des soupirs sourirs.
Et oui maman est de retour, les draps propres, la vaisselle faite, les lunches.
I’ve set my permissions to 777.
Waiting for your upload.
I’ll install by default.
Halte routière
Overdose de mauvaise humeur. La mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre.
Épuisée d’entretenir cet air bête en permanence, à coup de docus sales et lugubres, à coup de chiâlage, de bitchage contre tout ce qui bouge, les grosses, les laids, les cons, les trop à droite, les trop à gauche, les plateau, les banlieue, les riches, les bs, les paresseux, les overachievers.
Les créatifs. Les suiveux. Les tout-puissants. Les larves.
Les acteurs. Les témoins. Les victimes.
Le froid. La glace. La neige sale déversée dans le fleuve comme autant de vomissures salées fondant dans une bolle qu’on oublie trop souvent de flusher.
Les confluences, convergences, conivences. Les écarts, les rejets, les refus. Rebuts.
Les mots ne sont pas que des mots. Ils sont vie et mort, et toute l’essence que ça prend pour se rendre d’un à l’autre.
La pédale dans le fond tout le temps, ça coûte cher.
Jingle this
Porter un manteau de poil à tous les jours et se frotter aux frileux.
En fumer une dernière, une dernière pour la route, soyons prudents, appelons nez rouge.
Assurons nous que les moins nantis aient à manger et que notre conscience soit pure et tranquille, avec ce sourire en coin du don annuel entendu.
Elle est où ma médaille demande-t-elle avec son manteau de poil et son café équitable.
Son papier d’emballage recyclé perpétuant tout de même la tradition maladive d’humains en manque de guidance.
Des bills fripés dans la boîte aux lampions.

Je vais réciter le notre père, délivrez nous du mal sti. Surout, surout, délivrez nous du mal.
Je vais dealer avec la tentation.
À deux pas
À deux pas d’histoires à se souvenir. Je te jure. À ça de te donner tout.
T’as qu’à rester tout près, ne jamais aller plus loin que le bout de mes yeux.
Et on se raconterait les bals, les étoiles et comment l’eau était fraîche sur nos corps à la fin de l’été.
Des années sans célébrer mais comme une fête continuelle, chaque matin devant les possibilités d’être heureux.
Une mémoire ample et vaste qui ne demande qu’à être remplie. Il y a tant de choses…
Comme quand on lève les yeux au ciel une nuit de neige et que les flocons semble ne jamais vouloir s’épuiser.
Y mettre des promesses et des mots secrets, des pleurs compliqués et des rires antidotes.
Respirer. Te respirer.
Et ce soir, et demain, et encore.
Mais surtout, surtout, maintenant.
